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Les œuvres d’art échappent aux nouveaux droits de douane de Donald Trump

Après l’annulation par la Cour suprême des précédentes taxes imposées par la Maison-Blanche, l’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane d’au moins 10 % sur les produits provenant d’environ 80 pays, tout en exonérant les œuvres d’art et les antiquités originaires de la plupart d’entre eux.

Daniel Grant
29 juillet 2026
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Le président américain Donald Trump répond au téléphone à la Maison-Blanche lors de son premier mandat. Photo officielle de la Maison-Blanche par Joyce N. Boghosian, via Flickr

Le président américain Donald Trump répond au téléphone à la Maison-Blanche lors de son premier mandat. Photo officielle de la Maison-Blanche par Joyce N. Boghosian, via Flickr

Les inquiétudes suscitées par les nouveaux droits de douane annoncés par le président américain Donald Trump, qui faisaient craindre une hausse du coût d’acquisition et de vente des œuvres d’art, des antiquités et des objets de collection, se dissipent. Ces biens sont en effet largement exemptés des nouvelles taxes à l’importation, selon un communiqué publié le 23 juillet 2026 par le Bureau du représentant américain au Commerce.

La Confédération internationale des négociants en œuvres d’art (Cinoa), qui représente les marchands d’art et d’antiquités, a salué cette décision. L’exemption des œuvres d’art, des antiquités et des objets de collection « semble refléter les observations formulées lors de la consultation par des organisations telles que la Cinoa, la British Antique Dealers Association, l’International Association of Professional Numismatists et d’autres associations professionnelles, afin que les spécificités du marché de l’art soient pleinement prises en compte », indique-t-elle dans un communiqué.

Peter Tompa, avocat à Washington et directeur général de l’International Association of Professional Numismatists, qui réunit des collectionneurs et des marchands spécialisés dans les monnaies et les médailles, a qualifié de « très bonne nouvelle » la décision d’exempter les pièces de monnaie, ainsi que d’autres antiquités et objets de collection. « Il arrive que le gouvernement écoute », a-t-il ajouté.

La décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 10 % ou 12,5 % sur les importations en provenance d’environ 80 pays devrait à son tour être examinée par la Cour suprême des États-Unis. En février 2026, celle-ci avait invalidé un précédent régime douanier instauré par l’administration Trump au titre de l’International Emergency Economic Powers Act de 1977. Par six voix contre trois, les juges avaient estimé que ces mesures étaient contraires à la Constitution, le pouvoir de lever des impôts et de fixer ou modifier les droits de douane relevant du Congrès, et non du président.

Le nouveau dispositif s’appuie sur une loi plus ancienne, le Trade Act de 1974, qui autorise le président à imposer des taxes à l’importation et d’autres sanctions aux pays dont les pratiques commerciales sont jugées « injustifiables », « déraisonnables » ou « discriminatoires ». La section 301 de cette loi permet notamment de sanctionner les États qui recourent au travail forcé ou à la surproduction, lorsque celle-ci entraîne une baisse des prix au détriment des entreprises américaines sur les marchés mondiaux.

Le Bureau du représentant américain au Commerce a ouvert une enquête afin de déterminer si seize partenaires – le Bangladesh, le Cambodge, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Norvège, Singapour, la Corée du Sud, la Suisse, Taïwan, la Thaïlande, le Vietnam et l’Union européenne — se livrent à des pratiques commerciales déloyales. Ensemble, ils représentent 70 % des importations américaines.

Dans un communiqué, Jamieson Greer, représentant américain au Commerce, affirme que Donald Trump « s’attaque à l’esclavage moderne à sa source », en exigeant des partenaires commerciaux des États-Unis qu’ils adoptent et appliquent des interdictions d’importation afin d’empêcher les produits fabriqués dans de telles conditions de circuler sur les marchés mondiaux.

Les 64 autres pays concernés par les nouveaux droits de douane ont été désignés parce qu’ils n’appliquent pas suffisamment les interdictions visant les biens issus du travail forcé. La convention de 1930 de l’Organisation internationale du travail définit celui-ci comme tout travail ou service exigé d’une personne sous la menace d’une sanction et auquel elle ne s’est pas offerte volontairement.

Outre les nouveaux droits de douane de 10 % ou 12,5 % appliqués aux marchandises en provenance de 80 partenaires commerciaux des États-Unis, Donald Trump a annoncé, le 20 juillet 2026, une taxe généralisée de 50 % sur les importations canadiennes, en réaction au traitement qu’il juge « discriminatoire » à l’égard des produits américains. Contrairement aux autres mesures, celle-ci concerne bien l’art moderne et contemporain, les antiquités et les objets archéologiques, ainsi que les timbres, monnaies et la plupart des autres objets de collection. L’an dernier, Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25 % au Canada et au Mexique, poussant certains marchands canadiens à renoncer à participer à des foires américaines ou à privilégier, au Canada, la présentation d’œuvres d’artistes américains.

L’incertitude sur l’application de ces différentes taxes aux œuvres d’art, aux antiquités et aux objets de collection a profondément déstabilisé le marché. Depuis le début de 2025, Donald Trump fondait en effet son dispositif douanier sur plusieurs lois d’exception, plongeant les professionnels dans la confusion.

« Les précédents droits de douane ont considérablement compliqué le travail des transitaires et des transporteurs, pourtant indispensables à notre activité, explique Clinton Howell, marchand d’antiquités anglaises à San Francisco. Je n’achète pas en Europe : je trouve tout mon mobilier ancien anglais aux États-Unis, où l’offre reste abondante. »

Millicent Creech, marchande d’antiquités à Memphis, dans le Tennessee, affirme en revanche que la crainte de nouvelles taxes sur les biens importés l’a conduite à fermer sa galerie en mai. « Je travaille désormais en ligne, depuis mon domicile et un petit bureau sécurisé doté d’un espace de stockage. Il m’était impossible de continuer à approvisionner la galerie en me fournissant uniquement aux États-Unis », explique-t-elle.

Patrick Bavasi, marchand new-yorkais spécialisé dans le mobilier anglais et européen des XVIIIe et XIXe siècles, indique que la politique douanière de l’administration Trump l’a contraint à augmenter ses prix et à renoncer « à certaines des grandes foires européennes cette année ». Il dit s’être « davantage tourné vers le marché américain ». Avec, toutefois, une conséquence inattendue : « Comme les marchands européens sont moins nombreux à venir acheter aux États-Unis, la concurrence pour les pièces de grande qualité s’est quelque peu atténuée. »

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