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Jessica Morgan nommée à la direction de la Tate

Actuellement directrice de la Dia Art Foundation à New York, Jessica Morgan va succéder à Maria Balshaw à la tête du réseau de musées britannique en janvier 2027.

Gareth Harris
22 juillet 2026
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Jessica Morgan. Photo Gabriela Herman

Jessica Morgan. Photo Gabriela Herman

Jessica Morgan, directrice de la Dia Art Foundation à New York, a été nommée à la tête de la Tate. Elle succédera à Maria Balshaw, qui a quitté l’institution l’an dernier, et prendra ses fonctions en janvier 2027. À l’un des postes les plus convoités du monde de l’art, elle supervisera la Tate Britain et la Tate Modern, ainsi que les établissements de Liverpool et de St Ives.

« C’est un immense privilège que le conseil d’administration m’ait choisie pour diriger la Tate, déclare-t-elle dans un communiqué. La Tate est sans conteste la première institution mondiale consacrée à l’art moderne et contemporain international ainsi qu’à l’art britannique. Elle fait référence par ses collections et sa programmation d’expositions. »

Sa nomination intervient après plusieurs années difficiles pour l’institution, marquées par des mouvements sociaux, des suppressions de postes et une baisse de la fréquentation. Plus largement, les musées nationaux britanniques restent confrontés à des difficultés persistantes de financement. Le gouvernement a notamment annoncé qu’il « étudierait différentes options » concernant l’instauration d’un droit d’entrée pour les visiteurs étrangers. L’an dernier, la Tate a par ailleurs créé un fonds de dotation sur le modèle américain, avec l’objectif de réunir 150 millions de livres sterling (environ 176 millions d’euros) d’ici à 2030.

Jessica Morgan dirige la Dia Art Foundation depuis le début de l’année 2015. Sous son mandat, elle a renforcé et développé les multiples volets du programme de l’institution, « notamment ses projets pionniers de land art, ses commandes in situ, ses collections et sa programmation répartie entre douze sites », souligne la Tate.

Au début de l’année, elle décrivait dans le podcast The Art World : What If… ? ! l’environnement de travail qu’elle avait instauré à Dia : « Il est très précieux de travailler dans un lieu où l’on éprouve un véritable sentiment d’utilité, face à un monde de l’art devenu si vaste, si difficile à maîtriser et, à vrai dire, si soumis à la mode, au commerce et à des forces extérieures. Nous ressentons même une certaine fierté à l’égard de ce que nous faisons. Notre action possède une singularité concrète autour de laquelle nous pouvons tous nous rassembler, ce qui crée également un sentiment d’unité. »

Elle a notamment considérablement renforcé la présence des artistes femmes dans les collections. À son arrivée, celles-ci n’en représentaient que 6,8 %. Leur proportion atteint aujourd’hui 29 %, soit près d’un tiers.

La diversification de la collection a constitué l’une des priorités de son mandat. À l’occasion du 50e anniversaire de la fondation, en 2024, elle déclarait à The Art Newspaper : « Lorsque je suis arrivée, en 2015, nous incarnions par excellence l’institution dominée par les hommes blancs morts. Nous avions hérité d’une collection qui ne comptait que deux artistes femmes, et le seul artiste non blanc que nous pouvions citer était On Kawara ». « Ces dernières années, nous avons délibérément cherché à intégrer des artistes qui appartenaient pleinement à l’histoire des années 1960 et 1970, mais qui en avaient été effacés, poursuivait-elle. Il s’agissait de rétablir l’histoire, puis d’élargir notre regard au-delà des seuls États-Unis et de l’Europe. »

Jessica Morgan a également assuré le commissariat d’importantes expositions internationales. Elle a récemment conçu l’exposition collective « Minimal », présentée l’an dernier à la Bourse de Commerce – Pinault Collection, à Paris, ainsi qu’une rétrospective Lee Ufan, visible jusqu’en novembre au SMAC San Marco Art Centre, à Venise.

Diplômée en histoire de l’art de l’université de Cambridge et du Courtauld Institute of Art, à Londres, elle a achevé ses études au début des années 1990. De l’adolescence au début de la vingtaine, elle a travaillé à l’accueil du Groucho Club, célèbre établissement privé de Soho devenu l’un des lieux de rassemblement des Young British Artists (YBA). Interrogée à leur sujet l’an dernier par The Gentlewoman, elle déclarait : « Je trouvais cela cynique. Ce que ce mouvement disait de la culture et de la société anglaises semblait nous entraîner dans une direction qui ne m’enthousiasmait pas. »

Après des bourses de recherche au Yale Center for British Art et au Fogg Art Museum de Harvard, elle est devenue conservatrice adjointe au Museum of Contemporary Art de Chicago, puis conservatrice en chef de l’Institute of Contemporary Art de Boston en 1998.

En 2002, Jessica Morgan est revenue au Royaume-Uni pour rejoindre la Tate Modern. Elle y a occupé, de 2010 à 2014, le poste de Daskalopoulos Curator, International Art. Selon le portrait que lui a consacré The Gentlewoman, « forte d’une assurance tout américaine lorsqu’il s’agit de solliciter les grandes fortunes, Jessica y a démontré qu’elle était l’une des plus remarquables bâtisseuses de collections de notre temps ». Elle a ensuite cofondé à la Tate des comités d’acquisition consacrés au Moyen-Orient, à l’Afrique du Nord et à l’Asie du Sud.

Directrice artistique de la 10e Biennale de Gwangju en 2014, elle a pris la tête de la Dia l’année suivante. Elle siège également dans plusieurs comités consultatifs de musées et d’organisations culturelles en Europe et en Asie.

L’artiste britannique Cornelia Parker a salué une « excellente nouvelle ». « Elle m’a offert ma première exposition personnelle aux États-Unis, à l’ICA de Boston en 2000, en me contactant avant même d’avoir pris ses fonctions de conservatrice, explique-t-elle. Elle possède l’expérience, l’ambition, le flair et l’audace : autant de qualités qu’elle saura, j’en suis certaine, mettre à profit dans ses nouvelles fonctions. »

Steve McQueen, lauréat du Turner Prize, s’est également félicité de cette nomination. « J’ai une grande admiration pour Jessica, déclare-t-il. Sa détermination à offrir le meilleur aux artistes avec lesquels elle travaille, ses connaissances et son exigence d’excellence sont impressionnantes. »

NominationsTateDia Art Foundation New YorkMaria BalshawBourse de CommerceLee UfanOn KawaraSteve McQueenBiennale de Gwangju
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