Helen Legg a été nommée directrice artistique de la Royal Academy of Arts (RA) à Londres. Actuelle directrice de Tate Liverpool, elle compte parmi les responsables de musées régionaux les plus éminentes du Royaume-Uni. Elle prendra ses fonctions en juin 2026 et sera chargée des expositions, de la collection et de la programmation publique de la RA, un poste qui contribue de longue date à façonner le rayonnement international de l’institution.
À la tête de Tate Liverpool depuis 2018, Helen Legg y a piloté un ambitieux projet de rénovation du bâtiment classé Grade I (le niveau de protection patrimoniale le plus élevé au Royaume-Uni, réservé aux édifices d’intérêt exceptionnel), dont la réouverture est prévue en 2027. Avant de rejoindre la Tate, elle a dirigé Spike Island à Bristol de 2010 à 2018, un centre d’art et de production dont la programmation met l’accent sur les artistes émergents ou insuffisamment reconnus. Elle a auparavant été curatrice à l’Ikon Gallery de Birmingham, où elle a contribué au développement d’Ikon Eastside, un second espace d’exposition et d’événements installé dans un ancien bâtiment industriel du quartier de Digbeth, au cœur de la ville.
Helen Legg s’est dite « ravie » de cette nomination. « La RA est gouvernée par des artistes et des architectes de premier plan, avec en son cœur la plus ancienne école d’art du Royaume-Uni, et, fait crucial, gratuite, a-t-elle déclaré dans un communiqué. La possibilité de façonner le programme artistique de la RA, d’entrer en résonance avec ses espaces d’exposition exceptionnels, ainsi que la réouverture de la Collection Gallery agrandie, est particulièrement enthousiasmante. »
Helen Legg est titulaire d’un master en histoire de l’art de l’University of St Andrews (Écosse), obtenu en 1996, suivi d’un second master en commissariat d’exposition et production d’art contemporain au Royal College of Art de Londres. Elle a siégé au sein de comités de sélection pour les représentations britannique et écossaise à la Biennale de Venise, et a été membre de jurys notamment pour le Turner Prize, le Museums Award de la Contemporary Art Society et le Hepworth Prize for Sculpture.
Simon Wallis, secrétaire et directeur général de la RA, a déclaré dans un communiqué qu’Helen Legg était la candidate « idéale ». « Elle est très respectée dans le monde de l’art et dispose d’une expérience avérée dans la conception et la réalisation d’expositions de premier plan », a-t-il ajouté.
Cette annonce s’accompagne de deux autres nominations de premier plan à la RA. Livia Evans, qui travaillait pour le groupe de distribution et de services financiers John Lewis & Partners, rejoint l’institution en tant que directrice commerciale, tandis que Lamia Dabboussy, en provenance du Museum of Contemporary Art Australia à Sydney, prendra les fonctions de directrice de la marque et des publics.
Contrairement à la plupart des grandes institutions muséales londoniennes, la RA ne bénéficie d’aucun financement public direct et repose sur les recettes de billetterie, les dons, le mécénat, ses activités commerciales ainsi que son programme d’adhésion pour assurer son financement. Ces dernières années, elle a été confrontée à des difficultés financières, qui ont conduit à une baisse de 15 % de ses effectifs en 2025. « Cette réduction a reposé à la fois sur le non-remplacement des postes vacants et sur des suppressions de postes (contraintes comme volontaires), dans le cadre d’une consultation menée à tous les niveaux de l’institution », a indiqué un porte-parole de la RA. Le 5 mars 2026, Sotheby’s a organisé une vente aux enchères de dix œuvres d’académiciens et de membres honoraires de la RA, qui a permis de lever environ 2,1 millions de livres sterling (2,4 millions d’euros) au profit de la Royal Academy of Arts.




