Quelques mois après le vol des joyaux de la Couronne, Christophe Leribault a exprimé son inquiétude au sujet de l’état du musée du Louvre devant une commission du Sénat. Le président-directeur nommé en février a dressé un constat préoccupant. « On peut le dire sans ambages : malgré son imposante majesté, malgré l’engagement quotidien de ses équipes, c’est un Louvre à bout de souffle », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « ses équipements, ses infrastructures arrivent en fin de cycle ».
Le mois dernier déjà, une commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées avait tiré la sonnette d’alarme. Dans son rapport, elle dressait un diagnostic inquiétant : le manque de personnel, les contraintes budgétaires et une organisation hiérarchique rigide affaiblissent, selon elle, durablement la préservation du patrimoine français. « Nous sommes donc à la croisée des chemins, les urgences bâtimentaires s’accumulent et nous faisons face à un mur d’investissements, ce qui évidemment n’est pas ce qu’on a envie d’entendre », a déclaré le nouveau président-directeur du musée lors de son audition, ajoutant que plus de 10 000 vases grecs devront être déplacés pour permettre la rénovation de l’une des ailes du musée.
S’agissant de la sécurisation de l’établissement, Christophe Leribault affirme « prendre à bras-le-corps les urgences qui s’imposent » et annonce la mise en place, à partir de janvier 2027, d’un nouveau système de vidéosurveillance périmétrique. « Nous avons bien sûr installé en urgence quelques caméras supplémentaires dans des endroits absolument névralgiques dont on avait constaté la déficience, a-t-il précisé. Mais, on ne peut pas recréer tout un nouveau réseau avec des centaines de caméras sans renforcer l’armature technique ». Il a annoncé la création, en octobre, d’un nouveau PC sécurité. Par ailleurs, le poste de coordinateur sécurité, créé à la suite du cambriolage, est confié à Olivier Goupil, ancien commissaire divisionnaire et ex-responsable de la sécurité à la RATP.
Dans ce contexte, le président-directeur a également défendu la « nécessité absolue » de mener à bien le vaste projet de rénovation du musée, baptisé Louvre Nouvelle Renaissance et évalué à plus de 1 milliard d’euros. Ce programme, annoncé le 28 janvier 2025 par le président Emmanuel Macron, a fait l’objet d’un concours international d’architecture, attribué en mai à STUDIOS Architecture Paris et Selldorf Architects, avec BASE Paysagiste. Il prévoit la création de nouveaux espaces sous la Cour carrée, dont un spécialement conçu pour accueillir la Joconde et ses millions de visiteurs. Reste à savoir comment le musée va financer cette opération que la Cour des comptes estime à 1,15 milliard d’euros. « Nous avons devant nous un an de mise au point et de concertations avec l’architecte. Il faut que le projet soit d’aplomb et dépolitisé. En clair, le premier coup de pioche n’aura pas lieu avant les élections présidentielles », a annoncé Christophe Leribault.
Le président-directeur doit recevoir l’équipe d’architectes le 25 juin et estime pouvoir encore « modifier » la proposition à la marge. « Il faut être sûr qu’elle soit efficace et travailler en finesse », a-t-il conclu, évoquant un nouveau Louvre « à horizon de cinq, voire huit ans ».




