Certes, les espaces de la Galerie Charpentier – ancien siège de Sotheby’s à Paris – en face du palais de l’Élysée peuvent sembler, de prime abord, plus froids que l’atmosphère surannée de la Pagode C.T. Loo, où se tenaient les précédentes éditions. Mais, le soir du vernissage, les exposants s’accordaient tous à souligner la fluidité des espaces, plus conforme à un salon de cette ampleur.

Bouddha, Japon, XIVe-XVe siècles. Galerie Alexis Renard. Photo: B. G.-S.
L’œil est d’emblée happé par le très beau stand de la Galerie Jean-Christophe Charbonnier, qui célèbre l’art de la guerre des samouraïs à travers une splendide armure complète datée des XVIIIe-XIXe siècles (à 150 000 euros), une série de chapeaux en laque noire (jingasa) et de masques et demi-masques en parfait état de conservation (autour de 7 500-8 000 euros). Les amateurs d’art gréco-bouddhique du Gandhara iront admirer à la Galerie Jacques Barrère une tête d’orant aux allures d’Héraclès (35 000 euros), ou ce saisissant bas-relief représentant un atlante (38 000 euros). Aux côtés de miniatures indiennes d’une facture irréprochable, Alexis Renard présente une tête de Bouddha en andésite provenant de Java central du plus pur style de Borobudur (VIIIe-XIXe siècles). Mais c’est une délicate statue en bois avec d’infimes restes de laque or qui a retenu notre attention. Datant de la fin de l’époque Kamakura et le début de l’ère Muromachi (XIVe-XVe siècles), ce petit bijou d’intériorité affiche le prix modeste de 8 000 euros. La Galerie Hioco poursuit, quant à elle, son incursion dans les céramiques japonaises contemporaines et expose le travail délicat de l’artiste Yukiya Izumita. Évoquant l’art fragile des origamis, ses pièces soumises aux aléas du feu tournent autour de 12 000 euros.
Au premier étage, l’accrochage de la Galerie Jean-François Cazeau conduit le visiteur dans l’univers onirique du peintre franco-chinois Zao Wou-Ki, dont une aquarelle historique exposée à la Galerie La Hune en 1962 (à 290 000 euros). Non loin est exposé une œuvre signée du peintre Foujita et d’une toile hypnotique de l’artiste japonaise Yayoi Kusama (950 000 euros).
Les amateurs de dépouillement s’arrêteront à la Galerie Mingei devant une couverture de kotatsu japonaise, rapiécée et usée, relevant de ces textiles boro que le collectionneur Daniel Cordier appréciait pour leur esthétique proche de l’arte povera.
De son côté, la Galerie Diane de Polignac consacre son accrochage au peintre chinois Sanyu (1895-1966), dont les dessins à l’encre évoquent irrésistiblement la ligne d’une suprême élégance de son ami Henri Matisse. Le prix de ses œuvres sur papier n’excède pas 45 000 euros.
Le salon réunissant 28 galeries internationales à la Galerie Charpentier se termine dimanche 8 juin, le reste de la manifestation, notamment dans les galeries elles-mêmes, se prolongeant jusqu’au 12 juin.
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Printemps Asiatique Paris, jusqu’au 12 juin 2026, Galerie Charpentier, 76 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris, www.printemps-asiatique-paris.com




