Il va falloir s’armer de patience avant de visiter « La Caverne du Pont Neuf ». Cette œuvre monumentale de l’artiste JR, qui recouvre le Pont Neuf, dans le 1er arrondissement de Paris, devait ouvrir au public ce samedi 6 juin 2026. Il n’en sera rien. « La décision a été prise de reporter l’ouverture de l’œuvre à une date ultérieure », ont précisé conjointement l’Atelier JR, la Fondation Christo et Jeanne-Claude et l’Amicale des Ponts de Paris dans un communiqué. « Les experts techniques et d’ingénierie du projet travaillent activement à en déterminer les causes précises », ajoutent-ils.
La raison de ce report semble incomber aux fortes rafales de vent et aux violentes averses qui se sont abattues sur la capitale le 2 juin. « Cela fait partie des aléas, des choses qui peuvent arriver quand on installe une œuvre d’art en extérieur », affirme l’entourage de JR, cité par BFM.
Les 80 arches de toile qui recouvrent le pont semblent s’être partiellement déchirées, révélant ainsi la structure gonflable imaginée par l’artiste, comme en témoignent des images relayées sur les réseaux sociaux. Cette installation spectaculaire de 120 mètres de long pour près de 18 mètres de haut constitue un hommage à l’œuvre de Christo et Jeanne-Claude qui avaient emballé de tissu l’ouvrage en 1985, attirant des millions de visiteurs. Jouant sur l’effet de trompe-l’œil, l’œuvre de JR reproduit l’apparence minérale d’une grotte à travers un camaïeu de blancs, de noirs et de gris. Conçue comme un espace accessible gratuitement jour et nuit, la « Caverne » doit inviter passants et visiteurs à une expérience immersive, dont la partie sonore a été créée par le compositeur électro Thomas Bangalter, ancien membre du duo Daft Punk.
Alors qu’elle prenait progressivement forme sur la Seine, l’installation a déjà attiré de nombreux curieux. Elle a aussi suscité des réactions contrastées, entre admiration et scepticisme. En réponse aux critiques, les porteurs du projet ont rappelé qu’il ne bénéficiait d’aucun financement public, conformément à la philosophie de Christo et Jeanne-Claude. Son budget repose exclusivement sur les ressources de l’artiste et sur le mécénat privé.




