En ces temps de géopolitique troublés, qu’il est bon de faire ce voyage mental autour du monde en franchissant les portes des galeries de Saint-Germain-des-Prés ! Pour ce rendez-vous devenu incontournable pour les collectionneurs d’arts extra-occidentaux, la plupart des marchands ont redoublé d’efforts pour proposer des pièces à des prix particulièrement attractifs. En dépit de son caractère monumental, le masque Nafana (Côte d’Ivoire, ancienne collection Jacques-André et Colette Ulmann) exposé dans la Galerie Jean-Baptiste Bacquart devrait séduire plus d’un amateur de design par son graphisme saisissant et sa polychromie. Or, son prix affiché n’excède pas les 8 000 euros ! On est également séduit par cette merveilleuse serrure de grenier Dogon (Mali) à l’épaisse patine croûteuse datée de la fin du XIXe siècle admirée à la Entwistle Gallery. Là encore, son prix semble raisonnable au regard de sa qualité, puisqu’elle n’atteint pas les 10 000 euros. Sous le titre « Terracotta », Lucas Ratton propose quant à lui un bel ensemble aussi bien de statuettes anciennes que de pièces plus récentes dont les prix oscillent, selon leur rareté, de 600 euros à quelques dizaines de milliers d’euros.

Serrure de grenier Dogon (Mali), XIXe siècle, 19,1 cm x 15,2 cm. Courtesy Entwistle Gallery
Les amateurs d’art océanien iront admirer le spectaculaire ensemble de statues de Papouasie-Nouvelle-Guinée exposé chez Anthony Meyer. Parmi les pièces qui attirent le regard, se détache cette échelle de l’entrée de la maison des hommes dont la force plastique est aussi séduisante que son prix (5 500 euros). En écho à l’exposition « Plumes du Paradis » qui vient d’ouvrir au musée du Quai Branly – Jacques Chirac à Paris, la Galerie Voyageurs et Curieux propose de son côté une splendide coiffe mélanésienne en plumes de casoar pour moins de 4 200 euros.
L’Indonésie réserve elle aussi de belles surprises, comme en témoigne, chez Pascassio Manfredi, cette rarissime boîte à plumes dayak de Bornéo datée du XIXe siècle, ou ce ravissant couple de statuettes balinaises représentant Dewi Sri, la déesse du riz, et Arjuna, héros du Mahabharata, provenant d’une ancienne collection hollandaise. Ces merveilles affichent le même prix de 7 000 euros.
Associant comme à l’accoutumée les arts de l’Afrique, de l’Océanie et du Japon, Yann Ferrandin propose quant à lui un masque du théâtre nô de toute beauté (prix non communiqué). Enfin, dans la très belle exposition qu’elle consacre au thème de l’oiseau, la Galerie Afrique fait une brève incursion du côté du Vietnam par la grâce de cet oiseau Jaraï dont la stylisation extrême évoque irrésistiblement l’art de Brancusi.
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Paris Tribal, du 12 au 17 mai 2026, quartier de Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris




