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Les belles découvertes de Paris Tribal

Avec trente-quatre galeries participantes, la 13e édition de l’événement parisien dédié aux arts premiers affiche un optimisme mesuré, dans un contexte géopolitique mouvementé.

Bérénice Geoffroy-Schneiter
11 mai 2026
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Masque lamaïste Krodha (divinité courroucée), nord du Népal, bois. © Indian Heritage

Masque lamaïste Krodha (divinité courroucée), nord du Népal, bois. © Indian Heritage

Comment surmonter la morosité et la méfiance ambiantes qui pénalisent le marché des arts dits « premiers », tel est le défi que tentent de relever les marchands d’art tribal. Pour ce faire, ils dévoilent leurs plus belles pièces dans ce Salon printanier, plus resserré et plus intime que le Parcours des mondes de septembre. « Nous sommes tous des bénévoles, et les frais de participation sont symboliques, ce qui nous autorise une plus grande liberté », souligne ainsi Frédéric Rond, lequel tient désormais les rênes de la manifestation parisienne.

Des expositions thématiques pointues

Pour la 13e édition de Paris Tribal, cet ancien physicien reconverti par passion en galeriste spécialisé dans les arts primitifs d’Asie a à cœur de rendre hommage à Éric Chazot, grand aventurier qui fit découvrir au public européen le charme âpre des masques chamaniques népalais. « Décédé en mars 2026, Éric était un poète, un voyageur. Il a littéralement défriché le continent himalayen, quand tous les marchands et collectionneurs ne juraient que par les arts d’Afrique et d’Océanie. Or, l’art himalayen apparaît comme la dernière avant-garde de l’art tribal », s’enthousiasme Frédéric Rond, lequel présente, dans sa galerie Indian Heritage, un florilège d’écussons de bois de toute beauté, dont les prix oscillent entre 5 000 et 30 000 euros.

Soucieux de concilier rigueur scientifique et plaisir esthétique, certains galeristes optent pour des expositions thématiques au contenu exigeant, tel Anthony Meyer avec une évocation des espaces cérémoniels masculins de Papouasie–Nouvelle-Guinée. Sous le titre d’« Au-delà du seuil », le parcours propose, à travers sculptures, objets rituels et éléments architecturaux, « une immersion symbolique au cœur de ces lieux collectifs, aujourd’hui souvent disparus ou profondément transformés », selon les mots de cet expert en art océanien mondialement reconnu.

Pablo Touchaleaume a sélectionné quant à lui un ensemble de sculptures en pierre ou en terre du continent africain, bien moins connues du grand public et, en général, boudées par les néophytes. Adepte des télescopages audacieux, Lucas Ratton rassemble de son côté des pièces autour de la notion de verticalité, dont une élégante massue U’u des îles Marquises (Polynésie française).

En dépit du climat de défiance actuel, qui a découragé les marchands britanniques et américains, l’art africain continue d’offrir des objets d’exception, à l’instar du cavalier sénoufo (Côte d’Ivoire) présenté par l’enseigne barcelonaise David Serra – Fine Tribal Art ou du masque-cimier ciwara bambara (Mali), d’une pureté absolue, proposé par le Parisien Yann Ferrandin. De leur côté, les amateurs d’esthétique plus brute se rendront à la galerie Renaud Vanuxem pour y admirer un masque dogon à la surface épaufrée ou à celle d’Olivier Castellano, qui expose une statue tellem (Mali) du XIVe siècle à la belle patine croûteuse.

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Paris Tribal, 12-17 mai 2026, divers lieux, 75006 Paris

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