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Stanislava Kovalcikova reçoit le Prix Reiffers Art Initiatives 2026

L’artiste slovaque a été choisie parmi un panel de huit jeunes artistes sélectionnés pour participer à cette édition. Leur travail est actuellement présenté dans une exposition conçue par Bernard Blistène au Reiffers Art Center, à Paris.

Julien Desneuf
16 avril 2026
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Stanislava Kovalcikova au Reiffers Art Center, à Paris. Photo Jonas Unger

Stanislava Kovalcikova au Reiffers Art Center, à Paris. Photo Jonas Unger


Stanislava Kovalcikova remporte le Prix Reiffers Art Initiatives 2026. Elle recevra une dotation de 10 000 euros ainsi que la commande d’une œuvre muséale qui rejoindra la collection du fonds. Ses peintures modernistes et décadentes ont déjà fait l’objet de plusieurs expositions personnelles, comme à la Kunstverein Freiburg (Fribourg-en-Brisgau, Allemagne, 2026), à la galerie Emalin (Londres, Royaume-Uni, 2024), à l’Aspen Art Museum (Aspen, États-Unis, 2024) ainsi qu’à la galerie Antenna Space (Shanghai, Chine, 2023).

Pour son édition 2026, le Prix Reiffers Art Initiatives, qui met en valeur des talents émergents de la scène contemporaine française, a également attribué une mention spéciale à Khaled Jarada. Il recevra, pour sa part, une dotation de 5 000 euros. « Parmi ces huit talents remarquables, récompenser Stanislava Kovalcikova, originaire de Slovaquie, qui remporte cette année le Prix Reiffers Art Initiatives, ainsi que Khaled Jarada, né en Palestine, distingué par une mention spéciale, est un geste particulièrement fort. Il reflète notre volonté de soutenir des artistes aux parcours singuliers et de mettre en lumière de nouvelles pratiques de la peinture et du dessin », commente Paul-Emmanuel Reiffers, fondateur de Reiffers Art Initiatives.

Stanislava Kovalcikova, Nautilius, 2025, huile et aluminium sur MDF, 86,5 x 39,5 cm. Courtesy de l’artiste et de la galerie Emalin, Londres. © Philippe Garcia


Tous les artistes en compétition pour cette édition du prix sont exposés du 17 avril au 6 juin 2026 dans « Trafiquer l’inconnu », sous le commissariat de Bernard Blistène, directeur honoraire du musée national d’Art moderne-Centre Pompidou. Les œuvres, éclectiques par nature, dialoguent dans un seul et même espace. Le visiteur est accueilli en entrant par deux compositions vibratiles de l’artiste palestinien Khaled Jarada. À l’aide du papier et du fusain, elles mettent en scène des personnages anxieux et vacillants, comme suspendus dans un instant et figés dans un geste. Non loin, Arthur Marie, originaire de Cherbourg, construit ses peintures à partir de montages d’images sérielles, qu’il réalise lui-même. « Dans mes collages, je compose des personnages selon une sorte de cadavre exquis. Au bout d’un moment, ces créations se décantent et les figures s’imposent à moi. C’est alors que je les transpose en peinture », confie l’artiste.

Khaled Jarada, Remaining gesture, 2026, fusain sur papier Fabriano, 140 x 190 cm. © Philippe Garcia


Au rez-de-chaussée toujours, sont réunies les créations de trois jeunes femmes. Minh Lan Tran expose ses peintures, de grands formats traduisant d’amples mouvements. Dans sa pratique, cette artiste lie la peinture, l’écriture et la performance pour explorer les interactions entre langage et matière. Figurent ensuite les peintures oniriques de la Danoise Eva Helene Pade. Cette dernière réalise des compositions transcendantales où le corps féminin occupe une place centrale en dépassant la simple représentation figurative. Face à ses œuvres sont installées les sculptures de Manon Wertenbroek. Cette dernière crée des corps imaginaires, qui traduisent à la fois des sensations physiques et émotionnelles. En utilisant du cuir inutilisable par l’industrie, qu’elle tend comme une peau sur des formes, elle fait surgir les volumes.

À l’étage, le visiteur est accueilli par des œuvres de la lauréate du prix, Stanislava Kovalcikova, ainsi que par celles de deux peintres franciliens. Louis Le Kim réalise des compositions inquiétantes, presque apocalyptiques. L’artiste puise son inspiration dans des lieux abandonnés comme des sites industriels ou des lignes de front pour créer des environnements fabuleux et monumentaux. À ses côtés figurent enfin les œuvres d’Ibrahim Meïté Sikely, dont la peinture mêle les vocabulaires visuels de l’iconographie classique de l’histoire de l’art et de la culture populaire. Dans l’une d’elles, l’artiste rend hommage à Douk Saga, chanteur ivoirien considéré comme l’un des pionniers du « coupé-décalé », genre musical apparu au début des années 2000.

--

« Trafiquer l’inconnu », 5e prix Reiffers Art Initiatives, du 17 avril au 6 juin 2026, Reiffers Art Center, 30 rue des Acacias, 75017 Paris

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