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La Fondation Roi Baudoin fête ses 50 ans dans les foires

Pour célébrer l’événement, l’institution belge met en avant son fonds Patrimoine et culture tant à la Brafa, à Bruxelles, qu’à la Tefaf, à Maastricht.

Bernard Marcelis
11 mars 2026
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Jean-Baptiste Bonnecroy, Vue de Bruxelles, vers 1665, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. Courtesy de la Fondation Roi Baudouin. Photo Jo Exelmans

Jean-Baptiste Bonnecroy, Vue de Bruxelles, vers 1665, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. Courtesy de la Fondation Roi Baudouin. Photo Jo Exelmans

À l’occasion de son 50e anniversaire, la Fondation Roi Baudouin était l’invitée d’honneur de la Brafa, à Bruxelles, en janvier 2026. Elle y participe depuis une vingtaine d’années, en raison des liens artistiques, culturels et patrimoniaux que toutes deux partagent avec leur public. Celui-ci ne pouvait manquer une des œuvres les plus spectaculaires que la Fondation présentait, la Vue de Bruxelles peinte par Jean-Baptiste Bonnecroy vers 1665. Particulièrement détaillé, situé à la croisée du paysage urbain et de la cartographie, ce panorama dévoile une vue quasi aérienne de la ville. Il possède une valeur historique et documentaire d’autant plus exceptionnelle qu’il a été réalisé trente ans avant le bombardement de Bruxelles par les troupes de Louis XIV et du grave incendie qui en a résulté. Après être restée trois siècles dans la famille des ducs d’Arenberg, l’huile sur toile a été vendue à un marchand new-yorkais dans les années 1960, à qui la Fondation l’a achetée en 1990, constituant là sa toute première acquisition. L’œuvre est actuellement en dépôt à long terme aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles.

ACQUÉRIR, PRÉSERVER, TRANSMETTRE

L’histoire de cette peinture est assez représentative de la façon dont fonctionne le fonds Patrimoine et culture de la Fondation Roi Baudouin. Cette dernière reste propriétaire de ses acquisitions et dons tout en les prêtant aux lieux les plus concernés par ceux-ci. La collection compte 29 000 pièces – un peu plus de 6 000 achats pour près de 23 000 dons –, toutes accessibles dans la centaine de musées et institutions culturelles partenaires. Elle possède aussi une trentaine de fonds d’archives. Ce programme a été créé en 1988, à la suite notamment de l’onde de choc qu’a constitué le départ aux États-Unis de l’emblématique tableau de James Ensor, L’Entrée du Christ à Bruxelles (1888), que la Belgique n’a pas réussi à garder. Une de ses missions premières est d’acquérir, préserver et rendre accessible le patrimoine culturel du pays – qu’il s’agisse d’œuvres d’art, d’archives ou de collections – auprès du public et des chercheurs.

Ce rôle de transmission est essentiel et s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large, car, comme l’explique Brieuc Van Damme, le directeur général de la Fondation, « celle-ci agit comme un trait d’union entre générosité, engagement individuel et solutions collectives ». « Partout, des personnes choisissent de s’investir pour l’intérêt général, en réponse à un besoin profond de cohésion sociale et de confiance, poursuit-il. Notre mission est de soutenir ces engagements, de les relier et de leur permettre de produire un impact durable sur la société. Une philanthropie réfléchie et bien orientée devient alors un véritable levier de changement. » Outre le patrimoine et la culture, la Fondation opère dans cinq domaines : la santé, la lutte contre la pauvreté et la justice sociale, l’éducation et le développement des talents, le climat, l’environnement et la biodiversité, et la démocratie. Elle répond aux souhaits du roi Baudouin (1930-1993) « d’une fondation indépendante et pluraliste, tournée vers l’avenir et engagée de manière structurelle en faveur de l’intérêt général ». Son action s’inscrit dans le temps long, hors des contingences électorales et des vues à court terme.

La notion de philanthropie forme l’axe majeur du fonds Patrimoine et culture. Elle est désormais préférée à celle de mécénat. On compte actuellement un peu plus de 150 fonds philanthropiques dans le domaine patrimonial sur les 1 700 que gère la Fondation. Ils en composent en quelque sorte le système nerveux et se répartissent en pôles régionaux, de façon à privilégier les points de contact avec les associations et les acteurs locaux. La Fondation informe, conseille et accompagne les philanthropes (particuliers, familles, entreprises ou organisations) qui souhaitent mettre leurs moyens, leur temps ou leurs talents au service de la société. « Un fonds est une initiative créée par un philanthrope. Il est mis en fonction du vivant de celui-ci ou activé après sa disparition », explique Mélanie Coisne, responsable de l’équipe Patrimoine. « Nos conseillers écoutent et accompagnent les potentiels donateurs, détaille-t-elle. Ils font remonter le projet de façon à dépasser le cadre personnel pour l’inscrire dans celui de l’intérêt général, de manière à rencontrer des objectifs très précis : leurs œuvres ont-elles leur place dans notre patrimoine ? Cela peut prendre du temps, car la proposition doit être validée sur le terrain, en fonction des besoins des musées concernés. »

En 2025, la Fondation a largement contribué à la mise en place de deux nouvelles salles permanentes au musée Art et Histoire, à Bruxelles, consacrées aux arts décoratifs du XIXe siècle, à l’Art nouveau et à l’Art déco. Parmi les soixante-cinq pièces déposées figurent des ensembles majeurs de Victor Horta, Philippe Wolfers et Charles Catteau.

Jean-Baptiste Bonnecroy, Vue de Bruxelles, vers 1665, huile sur toile, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. Courtesy de la Fondation Roi Baudouin. Photo Jo Exelmans

ÉLARGIR L’AUDIENCE

Si la participation de la Fondation Roi Baudouin à la Brafa était naturellement orientée vers le patrimoine culturel belge, mêlant aux acquisitions récentes des chefs-d’œuvre plus anciens (peintures, sculptures, tapisseries, bijoux et
mobilier), l’accès à la Tefaf, du 14 au 29 mars 2026, lui ouvre une audience plus large, mêmesi son rayonnement était déjà effectif à l’international, notamment grâce à ses nombreux prêts.

La Fondation est engagée depuis longtemps sur le continent africain où elle décerne tous les deux ans le KBF Prix Afrique récompensant de grands acteurs du changement, à l’instar du gynécologue et militant des droits de la personne Denis Mukwege. L’institution possède aussi des bureaux à Paris, Montréal et New York, afin d’offrir conseils et solutions aux donateurs étrangers qui souhaitent soutenir des initiatives en Belgique. En 2021, elle a également cofondé l’Alliance Myriad pour recueillir les dons transfrontaliers à l’échelle mondiale. Ce réseau regroupe actuellement une centaine de pays répartis sur tous les continents.

« Une philanthropie réfléchie et bien orientée devient un véritable levier de changement. »

Cette première participation à la Tefaf constitue une reconnaissance importante du travail effectué par la Fondation Roi Baudouin depuis un demi-siècle d’une part, et du rôle de l’Alliance Myriad d’autre part. Cette dernière a ainsi permis le don, par l’Américain John William Middendorf, du Portrait d’un membre de la famille De Rojas, peint par Hans Memling à la fin du XVe siècle, à la Fondation. Le tableau a été déposé à l’Hôpital Saint-Jean, qui abrite le musée Memling, à Bruges. Il en est de même pour une aiguière et un bassin en argent, classés au titre de pièces maîtresses par la Région flamande. Cet ensemble baroque a été réalisé par l’argentier anversois Théodore I de Rasiers en 1635-1636 pour le peintre Pierre Paul Rubens. Resté dans la descendance de ce dernier depuis lors puis mis en vente en 1999, il a été acquis par le couple Pierre et Colette Bauchau, lequel en a fait don à la Fondation. Les pièces d’argenterie ont rejoint les collections de la Maison Rubens, à Anvers.

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