Une exposition réunissant plus de 130 bijoux est présentée par la Collection Al Thani à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, à Paris. Beaucoup de ces pièces exceptionnelles sont exposées pour la première fois dans la capitale. Intitulée « Joyaux dynastiques », l’exposition montre le rôle joué par des gemmes étincelantes – la broche de Catherine II ou le diadème de la reine Victoria – dans la représentation du pouvoir et la mise en scène de la politique, à travers des pièces datant principalement de 1800 à 1920. Elle célèbre aussi leur rôle dans les affaires de cœur : le prince Albert, éperdument amoureux, conçut par exemple lui-même le diadème en diamants et saphirs qu’il offrit à Victoria en 1840.
Dans cette présentation exceptionnelle de pierres précieuses, et des récits qu’elles portent, trois pièces majeures manquent à l’appel. Un diadème de perles et diamants de 1853, ainsi que deux paires de boucles d’oreilles en perles ayant appartenu respectivement aux impératrices Eugénie et Joséphine, figurent parmi les trésors dérobés au musée du Louvre en octobre dernier. Ces bijoux devaient être exposés et apparaissent même dans le catalogue.
Soixante œuvres majeures ont été prêtées par le Victoria and Albert Museum (V & A) de Londres, institution où travaille la commissaire de l’exposition, Emma Edwards. Presque autant proviennent de la collection Al Thani (une impressionnante collection d’art et d’objets constituée par le cheikh Hamad bin Abdullah Al Thani, cousin germain de l’émir du Qatar), présentée dans les salles qu’elle occupe à l’Hôtel de la Marine. Depuis 2021, la collection Al Thani dispose de 400 m² au sein de l’hôtel, dans le cadre d’un contrat de 20 ans conclu avec le Centre des monuments nationaux (CMN). Dans le cadre de son programme philanthropique, la Fondation Al Thani Collection a, par ailleurs, fait un don au CMN pour soutenir la restauration de l'Hôtel de la Marine ainsi que d'autres projets patrimoniaux en France.
L’exposition retrace le glissement du prestige lié à la possession de bijoux, d’abord réservé aux souverains comme Catherine II ou Napoléon Iᵉʳ, puis aux grandes familles aristocratiques européennes, avant de s’imposer comme un marqueur de pouvoir chez les riches industriels américains. Grace Vanderbilt, par exemple, était très fière de sa broche Rose, réalisée pour la princesse Mathilde Bonaparte en 1864. Nombre de ces pièces à la prestigieuse provenance sont désormais la propriété des Al Thani.
Cheikh Hamad bin Abdullah Al Thani, conseiller culturel spécial de la Al Thani Collection Foundation et à titre personnel collectionneur de premier plan, « a suivi chaque étape de l’organisation de l’exposition », souligne le directeur de la collection Al Thani, Amin Jaffer. « Il a un profond attachement aux objets et à la collection de sa famille, poursuit-il. Jusqu’à la dernière minute, il nous a demandé d’ajuster l’éclairage, par exemple. »
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« Joyaux dynastiques. Pouvoir, prestige et passion, 1700-1950 », jusqu’au 6 avril 2026, Collection Al Thani à l’Hôtel de la Marine, 2, place de la Concorde, 75008 Paris




