Plusieurs noms circulaient ces dernières semaines : c’est finalement Julie Jones qui va prendre la tête de la Maison européenne de la photographie (MEP) à Paris, devenant ainsi la première femme à diriger l’institution fondée en 1996. Historienne de la photographie et conservatrice au Cabinet de la photographie du Musée national d’art moderne - Centre Pompidou depuis cinq ans, elle s’est fait remarquer par les expositions qu’elle y a piloté, comme la rétrospective consacrée au photographe Moï Ver en 2023 ou le très beau dialogue imaginé la même année entre les collections photographiques du Centre Pompidou et celle de Marin Karmitz, fondateur du groupe de cinémas MK2. En 2024, elle avait révélé au public français des créatrices moins connues, Hannah Villiger et Barbara Crane, qui ont fait l’objet d’acquisitions majeures par le Centre Pompidou.
Julie Jones succède à Simon Baker, dont le départ avait été annoncé dans un communiqué surprise en septembre dernier. Choisi en 2018 pour donner un nouveau souffle à l’établissement dirigé depuis sa création par Jean-Luc Monterosso, le Britannique a, en sept ans, contribué à internationaliser la MEP grâce à des rétrospectives ambitieuses – consacrées notamment à Boris Mikhaïlov (2023), Zanele Muholi (2023) ou encore Viviane Sassen (2024) —, tout en attirant une audience plus jeune grâce à des expositions grand public, mettant par exemple en avant le jeune photographe chinois Ren Hang (2019) ou, plus récemment, le chroniqueur de la scène musicale britannique Dennis Morris (2025). Un article publié par nos confrères du Monde révélait que son départ s’inscrivait dans une volonté du conseil d’administration de renouveler les méthodes de management en place, à la suite d’une enquête interne pour harcèlement moral.
Julie Jones devrait apporter un certain apaisement aux équipes, qui se préparent à célébrer les trente ans de l’institution. Elle mettra son expertise au service de la valorisation des collections de la MEP au sein du paysage culturel national et international, tout en continuant de soutenir la création émergente, déjà mise en avant à travers le Studio, programme qui permet à de jeunes artistes travaillant avec l’image de présenter leur première exposition individuelle en institution.




