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Disparition d’Hélène Leloup, la « papesse de l’art dogon »

Avec le décès de cette grande marchande le 24 novembre 2023, c’est tout un pan de la mémoire du marché de l’art africain entre la France et les États-Unis qui disparaît. C’était avant tout une femme d’une rare érudition qui sut s’imposer avec brio dans un monde d’hommes.

Bérénice Geoffroy-Schneiter
29 novembre 2023
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Hélène Leloup et Stéphane Martin, alors président du musée du quai Branly, lors de l'exposition « Dogon », 2011. Photo Laurent Schneiter

Hélène Leloup et Stéphane Martin, alors président du musée du quai Branly, lors de l'exposition « Dogon », 2011. Photo Laurent Schneiter

Tous ceux qui ont eu le bonheur de croiser Hélène Leloup dans sa galerie du quai Malaquais à Paris, aux murs rouge vermillon, ou dans une exposition du musée du quai Branly ne sont pas près d’oublier sa silhouette menue et son regard noir, étincelant d’intelligence. Rien ne prédisposait cependant cette jeune fille de bonne famille, née Copin en 1927, à embrasser une carrière de marchande. Un premier voyage en Afrique de l’Ouest en 1952 lors d’un séjour avec les étudiants de l’UNEF, puis la rencontre en 1954 avec son premier mari, Henri Kamer (dont les oncles paternels, les frères Kalebdjian, tenaient une galerie d’art égyptien au 12, rue de la Paix à Paris) allaient sceller son destin. Animé par la même passion pour les voyages et l’art africain, le couple, complémentaire à bien des égards (Henri a le sens des affaires et est polyglotte ; Hélène préfère documenter les objets par des recherches de terrain), ouvre alors sa première galerie à Cannes, puis à Paris, boulevard Raspail. Le succès est immédiat. Hélène et Henri Kamer côtoient la fine fleur des artistes, dont Pablo Picasso, Tristan Tzara ou Jean Cocteau. La création en 1960 d’une galerie à New York, sur la prestigieuse Madison Avenue, à quelques encablures du Metropolitan Museum of Art, leur ouvre d’emblée le marché américain. Du cinéaste John Huston au gouverneur et milliardaire Nelson A. Rockefeller, tous se bousculeront pour suivre les conseils avisés d’Hélène et se fier à son goût imparable. Pionnière à bien des égards (elle sera l’une des premières à dater les pièces d’art africain au carbone 14), celle qui se définissait davantage comme une « chercheuse » que comme une marchande connaîtra la consécration officielle lorsque Stéphane Martin, alors président du musée du quai Branly, lui confiera en 2011 le commissariat de l’exposition « Dogon ».

Quelques mois après la dispersion chez Sotheby’s Paris d’une partie de sa collection, gageons que l’esprit d’Hélène (qui épousa l’architecte Philippe Leloup en 1976) s’est envolé vers ce Mali qu’elle aimait tant, et que son âme flotte désormais au-dessus de la falaise de Bandiagara…

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