Le poste était vacant depuis plusieurs mois. C’est finalement Guillaume Cerutti qui va prendre, à 60 ans, la tête du prestigieux domaine du château de Versailles, selon une information de Politico. L’énarque et ancien inspecteur des finances succède à Christophe Leribault, nommé en février dernier président-directeur du musée du Louvre après le départ précipité de Laurence des Cars.
Il retrouve ainsi le secteur public après deux décennies dans le privé. Ironie du sort, il va occuper les mêmes fonctions que jadis son ancien mentor Jean-Jacques Aillagon, qui a dirigé l’établissement public du château et du domaine national de Versailles de 2007 à 2011. Guillaume Cerutti a longtemps été son proche collaborateur, d’abord au Centre Pompidou, dont il fut directeur général de 1996 à 2001 ; puis en tant que directeur de cabinet quand il fut nommé en 2002 ministre de la Culture. « Je sais après des décennies de compagnonnage avec lui que Guillaume [Cerutti] a toute l’expérience et les qualités requises pour présider Versailles », a commenté Jean-Jacques Aillagon, selon Le Monde.
Guillaume Cerutti a ensuite mis ses compétences de gestionnaire au service du marché de l’art, à la tête de Sotheby’s France à partir de 2007, avant d’être débauché en 2015 par François Pinault qui le nomme président pour l’Europe, le Moyen-Orient, la Russie et l’Inde de Christie’s. Il le propulse quelques mois plus tard à peine directeur général mondial de la maison de ventes. Il s’est fait dans ces deux maisons la réputation d’un « cost killer » très efficace. Il a de plus fermement tenu la barre de Christie’s malgré la conjoncture…
Le chapitre suivant de sa carrière au sein de la galaxie Pinault sera moins couronné de succès. En janvier 2025, il est nommé à la présidence de la Collection Pinault – qui englobe le Palazzo Grassi, la Punta della Dogana, à Venise, et la Bourse de Commerce, à Paris. Un poste qu’avait déjà occupé son mentor Jean-Jacques Aillagon dans les années 2010… Comme le souligne Le Monde, ses velléités d’appliquer la même rationalisation que chez Christie’s, et son souhait de ralentir la politique d’achat d’art, ont heurté le maître des lieux, accoutumé à mener sa collection à sa guise. Un an plus tard, il doit quitter prématurément ses fonctions.
Guillaume Cerutti est aujourd’hui nommé à l’un des postes français les plus prestigieux, le monument, le musée et le jardin attirant annuellement 8,4 millions de visiteurs (en 2025) et comptant un millier d’agents. Son entregent devrait être l’une de ses cartes maîtresses en cette période de restrictions budgétaires et de nécessité de plus en plus impérieuse de séduire de puissants mécènes.




