La succession de Monique Couturier chez Cannes Enchères
Le galeriste Michel Couturier exporte dès les années 1950 la peinture française vers l’Amérique latine avec un autre marchand, Paul Haim, avant d’ouvrir la Galerie Europe à Bruxelles en 1956. Il exploite ensuite un espace rue de Seine, à Paris. En 1962, il fonde ainsi la Galerie Michel Couturier & Cie – Georges Pompidou compte parmi ses clients. Il y expose et édite Wols (Le pointillé indique ce qu’il voit, vers 1939-1941, aquarelle sur papier, est. 10 000-15 000 euros), Jean Fautrier (Otages nus, 1944, encre sur papier, est. 1 000 à 1 500 euros) et les premiers bronzes d’Étienne-Martin (Le petit canard, 1951-1953, sculpture en bronze à patine mordorée, 7/9, est. 2 000 à 3 000 euros). Sa mort tragique dans un accident d’avion en 1970, puis la fermeture de la galerie en 1974, en font une figure assez peu connue du marché de l’art. Sa veuve Monique, historienne des poupées Bleuette, avait conservé une grande partie du fonds de la galerie. Parmi les highlights figurent Pipe, verre, carte à jouer de Pablo Picasso (1918, est. 400 000 à 600 000 euros), André Salmon et sa cour de Marie Laurencin (est. 100 000-120 000 euros) et une Cariatide d’Amedeo Modigliani (est. 60 000-80 000 euros).
« Succession Monique Couturier », mardi 6 octobre 2026 à 15 h, Cannes Enchères, Hôtel des Ventes, 20 rue Jean-Jaurès, 06400 Cannes, www.cannes-encheres.com

Claude Viallat, Sans titre, 1994, sérigraphie, édition à 60 variations uniques. Courtesy Ader
Le fonds d’atelier du sérigraphe Éric Seydoux chez Ader
Imprimeur de l’Atelier populaire, l’atelier d’affiches de Mai 68 aux Beaux-Arts de Paris, fondateur avec Jack Pesant de L’Atelier en 1974, puis éditeur à partir de 1982, Éric Seydoux a tiré pendant un demi-siècle des sérigraphies, technique d’impression dérivée du pochoir, avec ce que le graphiste Paul Cox appelle un « impitoyable perfectionnisme ». Son fonds, dispersé en 305 lots par Ader, se nourrit de la culture militante et underground : l’affiche de Mai 68 (La Chienlit c’est encore lui !, 1968, est. 120-150 euros) y côtoie la BD subversive américaine (Robert Crumb, Weirdo, 1986, 100 ex., est. 120 à 150 euros ; Gilbert Shelton, Wonder Warthog, 1986, 100 ex., est. 200-300 euros) et des artistes contestataires comme Pierre Buraglio (22 lots, dont Memento, So What, 1991, 24 ex., est. 200-250 euros) ou Claude Viallat (Sans titre - Triptyque, 1999-2001, 60 ex., est. 1 500 à 2 000 euros). Parmi les autres pièces importantes figurent une œuvre de Yayoi Kusama (Amour pour toujours, 2000, 10 planches à paillettes, 60 ex., est. 2 000 à 3 000 euros) et un livre, Génésiaques de Béatrice Casadesus (est. 2 500-3 000 euros).
« Éric Seydoux, maître de la sérigraphie », jeudi 8 octobre 2026, Ader, salle de la Grange-Batelière, 17 rue de la Grange-Batelière, 75009 Paris, www.ader-paris.fr

D’après Yumiko Igarashi, Candy et Capucin E6-17, Toei Animation, 1976. Courtesy Piasa
« Japanimation » chez Piasa
Après Aibo ou La Nouvelle Étude, Piasa inaugure avec l’expert Félix Pérez une vente dédiée à l’animation japonaise, et notamment aux « cellulos », ces feuilles d’acétate de cellulose peintes par les équipes d’animateurs des grands studios, comme la célèbre Toei. « Mon idée est de proposer dans ces ventes une véritable provenance, comme il est d’usage pour les autres pièces de collection », précise l’expert. Lors d’une convention, il rencontre la dessinatrice Yumiko Igarashi, autrice avec la scénariste Kyoko Mizuki de la série animée Candy Candy qui connait, à la fin des années 1970, un immense succès populaire. « Yumiko Igarashi trouvait, comme moi, qu’il était important de rassurer les collectionneurs de demain. Elle a donc été enthousiaste à l’idée de présenter en vente huit cellulos de sa collection personnelle ». Les amoureux de Candy retrouveront, avec leur héroïne, Anthony, son premier amour (Anthony et sa rose, cellulo et décors, est. 450-550 euros), Alistair un peu avant son départ à la guerre (Alistair et Candy infirmière, cellulo et décors, est. 350-450 euros) ou Capucin, son fidèle compagnon (Candy et Capucin, Cellulo et décors, est. 450-550 euros).
« Japanimation », jusqu’au 12 octobre 2026, Piasa, vente online, www.piasa.fr




