Trois dessins de Joan Miró inédits chez Métayer-Mermoz à Antibes
Edmond Vernassa est un artiste lié à l’École de Nice qui se définit comme un « chercheur en art ». Proche des légendaires galeristes Aimé et Marguerite Maeght, il est aussi réputé pour son travail d’industriel sur le plexiglas. Lorsque Aimé Maeght commande à Joan Miró un garde-corps pour son appartement parisien, il se tourne naturellement vers Edmond Vernassa, qui a déjà réalisé une partie du mobilier du couple. La collaboration entre les deux artistes débute au début des années 1970 : Miró dessine, Vernassa fabrique selon les volontés de ce dernier. Deux dessins préparatoires de très grandes dimensions (plus de 4 mètres de longueur), totalement inédits, ont été retrouvés un peu par hasard, dans l’atelier de l’artiste niçois, lors d’un inventaire en vue de la préparation d’un catalogue raisonné voulu par ses ayants droit. « En discutant avec eux, raconte Guillaume Mermoz, commissaire-priseur de la maison Metayer-Mermoz, et après avoir retrouvé un premier dessin offert par Miró à Edmond Vernassa [Le Soleil, Mallorca (recto) & Constellation – 19/IV/72, est. 30 000 à 50 000 euros], les ayants droit nous ont indiqué que, potentiellement, deux autres œuvres pouvaient encore se trouver dans ce même atelier. » Cachées dans un carton qui n’avait jamais été ouvert depuis des décennies apparaissent alors Composition – 3/XII/71 et Composition – 3/XII/71. Les deux dessins sont ici mis en vente – tout comme Le Soleil, Mallorca (recto) & Constellation –, accompagnés de leurs certificats délivrés par l’Adom (Association pour la défense de l’œuvre de Joan Miró) et estimés chacun entre 200 000 et 400 000 euros).
« Tableaux, mobilier, objets d’art et grande décoration », dimanche 19 avril 2026, Metayer-Mermoz, La Bastide du Roy, 3055 avenue Jean Michard Pellissier, 06600 Antibes

Anne Barrès, tenture murale « Grande écharpe », 1979, éléments en grès noir et brun incrustés de porcelaine. Courtesy Art-Valorem
Anne Barrès chez Art Valorem
« Anne Barrès est un franc-tireur », affirme Frédéric Bodet, commissaire d’expositions indépendant, qui réalise une rare « monographie-catalogue de ventes » en prélude à la dispersion du fonds d’atelier de l’artiste (146 pièces) par Art Valorem. « Elle se définit avant tout comme un sculpteur (au masculin), proche notamment du mouvement Supports/Surfaces, et veut montrer les possibilités de la céramique et rendre compte des états de cette matière », souligne-t-il. On devine assez vite chez Anne Barrès l’envie de décloisonner la céramique, d’affirmer « le caractère sculptural, érectile » du matériau, d’en faire, selon ses mots, « quelque chose de péremptoire ». Une dimension architecturale qui se retrouve dans l’essentiel de son œuvre, comme dans ce grand paravent-claustra Supports/Surfaces, en métal et porcelaine (2011, est. 8 000-12 000 euros) ou encore cette tenture murale Grande écharpe en grès porcelaine et cordes (1979, est. de 3 000 à 5 000 euros). Son travail évolue ensuite par l’utilisation de la brique qu’elle découvre pendant ses quinze années passées dans une briqueterie (La triple poussée, 1994, est. 4 000-6 000 euros), puis vers des « architectures sauvages » inspirées par les maisons de charpentiers amateurs américains (Immeuble, série de 12 sculptures de la série « architectures sauvages », 2013, est. de 800 à 1 200 euros chacune).
« Anne Barrès : Vente aux enchères du contenu de l’Atelier Anne Barrès », mardi 14 avril 2026, Art Valorem, Hôtel Drouot, 75009 Paris

Cindy Sherman, sans titre, 2016, n° 2/6 , tirage par sublimation thermique sur métal, édition limitée à 6 exemplaires. © Xavier Défaix. Courtesy Piasa
Une collection privée américaine chez Piasa
L’intérêt d’une collection se mesure très souvent aux dialogues qu’elle noue entre des artistes très différents, dont les œuvres possèdent une histoire forte. En ce sens, la collection privée américaine dispersée par Piasa assure pleinement cet engagement. Elle navigue entre design et art, entre pièces historiques et créations résolument contemporaines. Les amateurs de mobilier 1950 pourront jeter leur dévolu sur des indétrônables. Tels Jean Prouvé (lit Antony, est. 10 000-15 000 euros), Serge Mouille (paire d’appliques Antony, est. 5 000-7 000 euros) ou Charlotte Perriand (table de salle à manger, commande spéciale, 40 000-60 000 euros). Les autres s’intéresseront au bureau AK de Martin Szekely (nᵒ 5/8, est. de 15 000 à 20 000 euros) ou sur l’iconique Event Horizon Chop Top Table de Marc Newson (nᵒ 4/12, est. de 140 000 à 180 000 euros). Les collectionneurs d’art contemporain, eux, seront sans doute sensibles aux œuvres de Cindy Sherman (Sans titre, est. 100 000-150 000 euros) ou Richard Prince (Untitled (Canal Zone), est. 40 000-60 000 euros) ou aux très en vogue Zanele Muholi (Qiniso I, The Sails, Durban, série Somnyama Ngonyama, est. 15 000-20 000 euros) ou Miriam Cahn (o.t., 3.5.24, est. 18 000-25 000 euros).
« ART + DESIGN From New York to Paris. D’une collection privée », mercredi 15 avril 2026, Piasa, 118, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris




