Les visages de l’Himalaya sortent de l’ombre
Le 21 septembre 2026, Millon disperse à Drouot la collection d’art himalayen de Liliane et Michel Durand-Dessert, les galeristes qui, dès les années 1970, ont accompagné Daniel Buren, Sarkis et Giuseppe Penone. Entamée à partir de 1988, dans le sillage de l’exposition de la Pace Primitive Gallery à New York qui révéla ces arts au public, elle compte 71 lots de masques et de sculptures du Népal, du Tibet et de l’Himalaya indien, publiés dans les deux volumes de Himalayas – Art & Shamans, coécrits avec l’écrivain voyageur Éric Chazot, disparu cette année. Serge Reynes, expert de la vente, y voit « une autre idée du beau », étrangère à tout canon esthétique. En tête viennent un masque couronné de Bhairava, en bois pétrifié, du groupe Newar datant du XVIe siècle, exposé au musée de Saint-Antoine-l’Abbaye (Isère) en 1995 (est. 5 000-8 000 euros) ; une figure féminine de fécondité (même estimation) ; un couple d’ancêtres (est. 4 000 à 7 000 euros) ; et enfin un masque-applique de bodhisattva en cuivre doré au mercure, des XVe-XVIe siècles (est. 4 000-6 000 euros).
« Les sommets de l’art himalayen, collection Liliane et Michel Durand-Dessert », lundi 21 septembre 2026, Millon, Hôtel Drouot, 75009 Paris,www.millon.com

Emile Gallé, Marqueterie aux orchidées, circa 1897, vase en verre multicouche jaune. Courtesy Millon
Le verre en vedette avec la Collection Philippe Olland chez Millon
La maison Millon propose, la même semaine, la première partie d’une collection dédiée au verre Art nouveau : celle de Philippe Olland, fondateur du Musée Émaux et Verres d’Art de Montigny-lès-Metz, récemment fermé. Éditeur lorrain converti au verre grâce à un vase Daum déniché dans une brocante, Philippe Olland a réuni en trois décennies quelque 700 pièces et signé plusieurs ouvrages de référence. Les 198 lots de la vente (dont l’estimation globale se situe entre 350 000 et 480 000 euros) déroulent une généalogie du verre Art nouveau, de Philippe-Joseph Brocard à Daum. Parmi les « highlights » figurent deux Marqueteries aux orchidées signées Émile Gallé (vase vers 1897 et coupe datée 1900, est. 7 000-9 000 euros chacune). Suivent, toujours par Gallé, un vase Magnolias présenté au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1897 (est. 6 000 à 8 000 euros), un vase Daum, Anémones Sylvie (est. 4 000-6 000 euros), ou encore un soliflore en verre émaillé créé en 1868 par Philippe-Joseph Brocard (est. 5 000-7 000 euros).
« Collection P. Olland, partie I », vendredi 18 septembre 2026, Millon, Hôtel Drouot, 75009 Paris,www.millon.com

Kévin Germanier (né en 1992), lampe de table - Modèle Loulou. Verre opalin strié et perles multicolores recyclées. Édition La Redoute. Courtesy Piasa/La Redoute
« Les Précieuses », le design de Kévin Germanier pour La Redoute chez Piasa
Des perles brodées une à une sur de l’orme teinté, de l’opaline ou de la céramique émaillée : Kévin Germanier a appliqué à dix meubles et luminaires du catalogue La Redoute Intérieurs le procédé qui fait sa renommée dans ses collections haute couture depuis 2018. Ces pièces uniques ont été présentées durant cinq mois à La Piscine – musée d’art et d’industrie André Diligent à Roubaix, dans l’exposition « La Redoute : un temps d’avance » consacrée aux 190 ans de création de l’enseigne. Piasa les disperse en ligne du 14 au 21 septembre 2026, à la veille de la Fashion Week. Les estimations, somme toute assez mesurées, semblent avoir été pensées pour rassembler les collectionneurs de design contemporain, parfois décontenancés par les prix élevés habituellement affichés lors de ces ventes thématiques. Ainsi, il faut ici compter enchérir entre 1 000 et 1 500 euros pour acquérir deux chaises « Talet » en orme teinté, la table basse « Curva », le bout de canapé « MatMat » en céramique émaillée, et le chevet « Tamita ». Les cinq lampes présentées dans la vacation, parmi lesquels les modèles « Kinoko », « Agathilda », « Triana » ou « Loulou », sont quant à elles attendues entre 800 et 1 200 euros.
« Les Précieuses », vente en ligne jusqu’au 21 septembre 2026 à 18 h, Piasa,www.piasa.fr




