La bibliothèque du docteur Marcel Zara chez Mirabaud-Mercier
Le docteur Marcel Zara, médecin endocrinologue, auteur d’un ouvrage de référence sur la thyroïde en 3 tomes (L’Expansion, 1974), s’est passionné dès son retour de déportation pour les avant-gardes littéraires, le surréalisme et, surtout, pour la poésie. Sa bibliothèque composée de plus de 370 ouvrages traduit notamment son amour pour Guillaume Apollinaire. Figurent ainsi moins de 62 ouvrages reliés ou manuscrits de l’auteur du Pont Mirabeau, parmi lesquels une rarissime édition originale de Case d’Armons. Aux Armées de la République composée et imprimée sur le front en 1915 et tirée à seulement 25 exemplaires. Le n° 5 ayant appartenu à un autre célèbre bibliophile, André Lefèvre, est estimé entre 50 000 et 70 000 euros. René Char fut un patient du docteur Zara. Rien d’étonnant donc de trouver dans sa collection plus d’une soixantaine d’œuvres du poète, dont un manuscrit de travail pour le recueil Dans la pluie giboyeuse édité par Gallimard en 1968 (est. 12 000 à 15 000 euros).
« La bibliothèque poétique du docteur Marcel Zara », vendredi 20 mars 2026, Mirabaud-Mercier, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.mirabaud-mercier.com

Jean Dubuffet, André Martel, Le Mirivis des Naturgies, Paris, Alexandre Loewy, 1962-1963. Courtesy Giquello
La Collection Michel F. David chez Giquello
« J’ai connu Michel F. David lorsque j’étais encore libraire, se souvient Claude Oterelo, expert de la vente « Art et Littérature » pour la maison Giquello. Une grande majorité des lots présentés proviennent de sa collection. Elle est articulée autour de deux grands axes : Henri Michaux (Veille, édition originale G-A Bolloré, 1951, est. 3 000 à 4 000 euros) et Jean Dubuffet (Le Mirivis des Naturgies, avec André Martel, Alexandre Loewy, 1962-1963, est. 10 000 à 12 000 euros) d’un côté ; et de l’autre, le collège de ’Pataphysique fondé par Alfred Jarry (Ubu roi, Dupont-Visat, 1982, est. 2 000-3 000 euros) à la fin du XIXe siècle ». Parmi les pépites figurent quatre œuvres attribuées au dramaturge et poète français Julien Torma, dont Euphorismes (édition originale dédiée à René Crevel, est. 700-800 euros). On sait aujourd’hui que ce personnage fut entièrement inventé par le grand mystificateur Emmanuel Peillet, membre, et sans doute cofondateur avec Alfred Jarry, du Collège de ’Pataphysique. Notons aussi deux tapuscrits signés du Danois Asger Jorn, La Genèse naturelle et le Paradis dépassé entièrement annotés à la main par Guy Debord (est. 10 000-12 000 euros).
« Art et littérature, collection de Michel F. David et à divers », vendredi 20 mars 2026, Hôtel Drouot, 75009 Paris,

Emily Kame Kngwarreye, Yam Dreaming, 1996. Courtesy Millon
L’art aborigène chez Millon
Depuis 2022 et l’exposition de l’artiste Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, l’art aborigène est sorti du simple réseau d’amateurs initiés pour conquérir un public beaucoup plus large, curieux de comprendre l’univers artistique de peuples australiens autochtones, aussi mystérieux que peu connus. Avant celle-ci, l’expert Marc Yvonnou, fondateur de la galerie Le Temps du Rêve à Pont-Aven a beaucoup œuvré avec la maison Millon et notamment avec la commissaire-priseuse Nathalie Mangeot pour la reconnaissance de cet art singulier aux enchères. Cette semaine, la vente consacre des artistes mondialement connus, comme Emily Kame Kngwarreye (Yam Dreaming, 1996, est. 40 000 à 50 000 euros) ou Tommy Watson alias Yannima Pikarli (Sans titre, est. 10 000 à 15 000 euros). Elle conserve également son esprit pionnier en présentant des peintres plus contemporains, tels qu’Anna Price Petyarre (Sans titre, 2016, est. 3 000 à 3 500 euros) ou Abie Loy Kemarre (Leaves, 2015, est. 2 000 à 2 500 euros).
« Art aborigène », samedi 21 mars 2026, Millon, salle VV, 3, rue Rossini, 75009 Paris, www.millon.com



