Phillips mise davantage sur Paris. Si la maison avait déjà présenté des expositions-ventes privées, une dispersion de photographie ou des expositions de lots mis en vente ailleurs dans le monde, elle lancera sa première vente majeure cet automne dans la Ville lumière. Le programme débutera traditionnellement à Londres – où Phillips a ses quartiers généraux – pendant la Frieze Week, avec des ventes d’art moderne et contemporain les 15 et 17 octobre 2026. Il se poursuivra à Paris le 21 octobre avec une vente dédiée à l’art moderne et contemporain ainsi qu’au design, organisée à la Galerie Aveline, place Beauvau, dans le 8e arrondissement de Paris, à quelques pas du Grand Palais, où se tiendra en parallèle la foire Art Basel Paris. « Cette vente reflète notre ambition de renforcer notre présence à Paris », explique India Phillips, directrice générale pour l’art moderne et contemporain en Europe de Phillips, citant le vivier de collectionneurs internationaux qui s’y trouvent.
Point fort de cette saison automnale à Londres et Paris : plusieurs œuvres exceptionnelles issues de la Collection du Français Marcel Brient viendront rythmer les différentes vacations et faire le lien entre l’art moderne historique et la création plus contemporaine, comme le souligne India Phillips. Parmi elles, Mathis, peinture de Gerhard Richter de 1983, a été acquise il y a 25 ans par le collectionneur, qui a déjà dispersé nombre d’œuvres ces dernières années chez Phillips. Mathis sera mis en vente à Londres le 15 octobre.

Lucio Fontana, Concetto spaziale, 1968. Photo Phillips
Phillips rappelle par ailleurs le rôle historique de Paris dans l’histoire de l’art moderne. La présence de la maison dans la capitale française revêt ainsi une importance particulière alors qu’elle célèbre cette année son 230e anniversaire. Parmi les œuvres les plus remarquables issues de la Collection de Marcel Brient figure notamment Painting, réalisée par Joan Miró en 1930. Cette œuvre appartient à une période déterminante de la carrière de l’artiste espagnol, au moment où celui-ci développe le langage visuel singulier qui contribuera à l’établir comme l’une des figures majeures de l’art moderne européen. La sélection comprend également plusieurs œuvres emblématiques de l’abstraction de l’après-guerre. Georges Mathieu sera représenté par Attila à Torcello, datant de 1961, estimé entre 120 000 et 180 000 euros. L’œuvre témoigne de l’approche gestuelle de l’artiste français, figure importante de l’abstraction lyrique et de l’art informel. Autre temps fort, Untitled, réalisée par Jean Paul Riopelle en 1954, est estimée entre 200 000 et 300 000 euros. Enfin, Concetto spaziale, de Lucio Fontana, datée de 1968, bénéficie d’une estimation comprise entre 450 000 et 550 000 euros. Cette œuvre s’inscrit dans les recherches fondamentales de Fontana sur l’espace, la surface et la nature même de la toile, au cœur de sa démarche spatiale.




