Solveig Burkhard, Pony, Montreuil
C’est l’installation la plus spectaculaire et la plus dérangeante d’Art-o-rama cette année. Tout au fond de la foire, Solveig Burkhard a reconstitué la chambre d’une fillette pas si sage. Parmi les jouets épars, des éléments incongrus attirent l’œil, comme ce livre pour enfants « Martine est malade », un pistolet en plastique, des poupées calcinées ou encore des photos encadrées de tombes. L’artiste, « esprit libre qui rejette tous les carcans », confie César Kaci, cofondateur de la toute nouvelle galerie Pony, questionne ici le monde de l’enfance autant qu’elle aborde le sujet douloureux des personnes atteintes par les retombées radioactives de Tchernobyl et Fukushima. Les visiteurs de tout âge sont invités à jouer dans l’installation…

Neyra Pérez, Iskonawa patern, 2025, aux côtés du codirecteur de la Galeria Mueve (Lima), Tadeo Bellatin Elmore. Photo : A.C.
Neyra Pérez, Galeria Mueve, Lima
Pour sa première participation à une foire en Europe, la Galeria Mueve, venue du Pérou, expose entre autres cette œuvre de Neyra Pérez. Cette artiste est issue du groupe autochtone Iskonawa, discriminé, dont « la langue a quasiment disparu », explique le codirecteur, Tadeo Bellatin Elmore. Réinventant sa propre culture, Neyra Pérez restitue ici les motifs présents sur les tambours ou les tatouages et associés aux vibrations sonores de sa musique, dans un esprit presque hypnotique.

Installation d’Enterprise (Lark Ring & Taiga Nakazaki), 2026, galerie Hayashi+Art Bridge, Tokyo. Photo : A.C.
Enterprise (Lark Ring & Taiga Nakazaki), galerie Hayashi + Art Bridge, Tokyo
Pour la première participation de cette galerie japonaise au Salon, le duo formé par les artistes Lark Ring & Taiga Nakazaki a misé sur du lourd. Comme nous l’explique le premier, le tandem n’a pas hésité à faire venir de Suisse des éléments de pylône électrique qui n’étaient plus en usage, quitte à affronter la suspicion administrative à la douane. « Surtout avec l’IA et les data centers, ce genre d’infrastructure devient obsolète, et c’est ce qui m’intéresse : le considérer comme une ruine moderne, et le réintroduire dans un autre réseau, cette fois de valeurs culturelles », précise Lark Ring.

Beau Disundi, Bleu Rock, 2026, galerie In Situ – fabienne leclerc, Romainville. Photo : A.C.
Beau Disundi, galerie In Situ – fabienne leclerc, Romainville
Fidèle de la foire Art-o-rama, la galerie In Situ – fabienne leclerc expose le travail des frères Haerizadeh ainsi que des œuvres peintes de l’artiste Beau Disundi. Originaire du Congo, né dans les années 1990, ce dernier raconte en filigrane l’histoire mondiale du commerce : il emploie du carton recyclé qui servait à transporter la morue depuis la Norvège vers Kinshasa, mais peint dessus d’idylliques paysages de bords de mer… L’artiste participera à la prochaine Biennale de Dakar, à partir du 19 novembre 2026.

Ensemble de photographies de Lukas Städler, 2026, galerie Dittrich & Schlechtriem, Berlin. Photo : A.C.
Lukas Städler, galerie Dittrich & Schlechtriem, Berlin
La galerie berlinoise présente un ensemble de photos au format monumental d’images prises par le photographe Lukas Städler. Cette série nouvelle est centrée sur l’éphémère été, du temps qui passe et de ce qui nous rattache à une personne, conçue à l’issue d’un séjour en immersion de l’artiste et de la galerie à Marseille, en amont de la foire. L’ensemble s’accompagne d’un magazine en édition limitée à cent exemplaires, avec des textes de Jan Koslowski.
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Art-o-rama, du 28 au 30 août 2026, Friche La Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille




