Un rayonnement international
Le Salon marseillais se renouvelle fortement, avec 19 nouvelles participations, soit près de la moitié des galeries principales (hors secteur Édition et autres exposants), tout en conservant une importante dimension internationale. Une fraîcheur appréciée des visiteurs, qui trouvent là des enseignes que l’on ne voit pas toujours ailleurs. Les très jeunes galeries sont aussi à l’honneur, plus de la moitié des exposants ayant ouvert au cours des cinq dernières années.
Sur ce plateau, la part des enseignes françaises reste contenue, à hauteur de 22,5 %. « Nous avons toujours eu, selon les années, entre 20 et 30 % de galeries françaises. L’articulation de l’international et du local fait partie de notre identité. En 2026, 18 pays sont représentés, ce qui est significatif », confie Jérôme Pantalacci, directeur d’Art-o-rama. La Foire accueille ainsi pour la première fois des galeries très lointaines venues d’Australie, du Japon ou encore du Pérou. « En 2025, nous avions reçu un marchand de Shanghai. Nous avons souvent eu des enseignes en provenance des États-Unis, encore cette année, ajoute-t-il. Depuis 2023, Keijiban, basé à Kanazawa, au Japon, participe dans la section Édition ». « Couvrant de Lima à Sydney, c’est la première fois que notre événement dispose d’une telle extension géographique. Nous sommes identifiés à l’échelle globale », complète-t-il.
Parmi ceux qui rejoignent Art-o-rama pour cette édition 2026 figurent entre autres Laila, installée à Sidney, Mueve galería, toute jeune enseigne de Lima, Beige, de Bruxelles, French Place, de Milan, dont le nom vient de son ancien emplacement à Londres, ou encore Velychko Gallery de Chypre. Des arrivées qui s’ajoutent aux fidèles exposants, comme 22,48 m2 (Romainville), sissi club (Marseille), DS Galerie ou Maubert (Paris), et In Situ – fabienne leclerc (Romainville)… À l’évidence, Art-o-rama sert de tremplin pour de jeunes galeries désireuses de se faire repérer et d’intégrer le circuit des grands rendez-vous. Ce fut le cas pour Eli Kerr (Montréal), venu en 2023, qui a ensuite participé à Liste puis à Art Basel. Ou Romance de Pittsburgh, présente en 2025, qui a exposé en juin à Liste. « Pour les deux, Art-o-rama a été le premier salon européen. C’est aussi parfois la toute première foire, à l’exemple de Madragoa de Lisbonne – devenue cette année Consonni Radziszewski –, avec une primo-participation en 2016, qui participe maintenant aux plus importantes foires internationales », observe Jérôme Pantalacci.
Une implantation locale
Parmi les exposants français, un tiers sont marseillais. Et un coup de projecteur est mis sur les artistes basés dans la région, dont Amandine Guruceaga, présentée par Clara Darrason (Paris), Thomas Mailaender par Double V Gallery (Marseille) et Ken Sortais par Galeria Alegria (Barcelone). L’un des marqueurs historiques d’Art-o-rama demeure son engagement en faveur des artistes émergents issus des écoles d’art et de design de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. À travers les prix Région Sud, le Salon continue de valoriser les talents locaux. Pour l’édition 2026, la sélection du Showroom Art a été confiée à Pierre-Antoine Lalande, tandis que le Showroom Design est placé sous la responsabilité de Justinien Tribillon. Les visiteurs peuvent également découvrir les créations récentes des lauréates de 2025. Juliette George, récompensée par le prix Région Sud Art, et Edda Rabold, récipiendaire du prix Région Sud Design, bénéficient chacune de leur espace pour montrer leurs nouvelles productions. « Dans nos Parcours, organisés pour les collectionneurs et professionnels pendant le Salon, nous planifions aussi des visites d’ateliers et de lieux d’exposition, et nous annonçons beaucoup d’initiatives qui ouvrent à l’occasion d’Art-o-rama. Il est important que les personnes qui viennent à Marseille pour la Foire puissent rencontrer les artistes et personnalités de la ville », souligne Jérôme Pantalacci.

Liz Elton, Habitat, 2024, installation, amidon de maïs compostable, graines, textiles d’intérieur et soie. Courtesy de l’artiste et de la galerie Cable Depot, Sofia, Londres. Photo BJ Deakin Photography
D’autres secteurs complètent le Salon, tel celui dédié à l’édition contemporaine, qui accueille neuf éditeurs, parmi lesquels deux nouveaux participants, dont les propositions vont du livre d’artiste aux publications expérimentales. Le design contemporain – axé sur l’objet plus que sur le meuble – conserve également une place essentielle dans la programmation. Fidèle à son ambition de décloisonner les disciplines, Art-o-rama continue de faire dialoguer arts visuels, design, édition et pratiques curatoriales. L’une des forces de l’événement réside ainsi dans la liberté laissée aux exposants d’organiser des stands hors normes, loin du white cube réglementaire ailleurs. « Il est dans nos missions d’accompagner et d’encourager les projets portés par les galeries et développés par leurs artistes ainsi que de proposer des stands sur mesure », note le directeur.
Art-o-rama s’inscrit par ailleurs dans le contexte de la Saison de la Méditerranée, la cité phocéenne en étant l’un des pivots. Bien que la Foire ne fasse pas officiellement partie de cette programmation nationale, la thématique méditerranéenne sillonne largement cette édition. La Méditerranée est l’un des fils conducteurs des conférences et projections organisées durant la manifestation. Ces rencontres offrent l’occasion d’aborder les enjeux culturels, sociaux et politiques qui traversent aujourd’hui cet espace géographique en constante mutation. Au-delà du Salon lui-même, la Friche la Belle de Mai propose plusieurs expositions majeures. Au Panorama, la Franco-Algérienne Zineb Sedira a reconfiguré son pavillon conçu pour la Biennale de Venise 2022. Cette installation permet de redécouvrir un projet marquant, autour de l’exploration des mémoires méditerranéennes et postcoloniales. Triangle-Astérides accueille pour sa part la Palestinienne Mona Benyamin, dont le travail interroge les notions de territoire, d’identité et de représentation. Enfin, Fraeme, structure productrice d’Art-o-rama, offre un accrochage consacré à Abdessamad El Montassir. Originaire du sud du Maroc, l’artiste invite à une immersion poétique et sensible dans le Sahara, envisagé comme une zone où humains, animaux, végétaux, minéraux, vent et sable coexistent dans une relation d’interdépendance.
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Art-o-rama, 28-30 août 2026, Friche la Belle de Mai, 41, rue Jobin, 13003 Marseille.



