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Un mystérieux commanditaire derrière le vol des bijoux du Louvre ?

Les deux principaux suspects du cambriolage perpétré en octobre 2025 ont déclaré aux juges, lors d’auditions récentes, avoir été recrutés par un donneur d'ordre, tout en refusant de livrer son nom. Ces nouvelles révélations n'ont pas totalement convaincu les enquêteurs.

Stéphane Renault
15 juillet 2026
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L'un des braqueurs dérobant les bijoux de la Couronne de France dans une vitrine de la galerie d'Apollon, le 19 octobre 2025. Image prise par les caméras de vidéosurveillance du musée du Louvre. D.R.

L'un des braqueurs dérobant les bijoux de la Couronne de France dans une vitrine de la galerie d'Apollon, le 19 octobre 2025. Image prise par les caméras de vidéosurveillance du musée du Louvre. D.R.

Neuf mois après le spectaculaire casse du plus grand musée du monde, l’enquête suit son cours. Interrogés, deux suspects arrêtés une semaine après les faits, et mis depuis en examen pour « vol en bande organisée » et placés en détention provisoire, ont fait de nouvelles révélations sur le vol en plein jour des joyaux de la Couronne de France dans la galerie d’Apollon, dans la matinée du 19 octobre 2025.

L’un, Abdoulaye N., est un chauffeur de taxi clandestin de 40 ans, connu pour ses vidéos de rodéo moto sur Internet sous le pseudonyme Doudou Cross Bitume dans les années 2000, rapporte Le Monde. L’autre, Ghelamallah A., âgé de 36 ans et sans emploi, est frappé du syndrome de Diogène. Selon le quotidien, qui a pris connaissance du récit détaillé livré lors d’auditions les 2 et 22 juin derniers, ces deux pères de famille, jusqu’ici mutiques, ont avoué devant les juges d’instruction chargées de l’information judiciaire avoir été recrutés par un commanditaire projetant de vendre les bijoux. Ils auraient commis le casse en échange de « 15 000 à 25 000 euros ».

Les deux suspects ont affirmé que ce mystérieux commanditaire avait lui-même participé directement au braquage. Ils ont refusé de révéler son identité par crainte de représailles, ajoutant qu’il « n’était pas satisfait » et « estimait que nous aurions pu emporter davantage ». Selon Le Monde, les enquêteurs chargés de l’affaire ne sont pas tout à fait convaincus que le commanditaire décrit par les suspects existe réellement, sans toutefois écarter cette possibilité.

« Aucune trace du moindre donneur d'ordre n'a été retrouvée en France ou à l'étranger. Aucun message n'a été intercepté sur les applications cryptées, contrairement à des vols précédents commis dans d'autres musées. Tous les fils mènent à Aubervilliers, et à cette bande de potes de cités, qui semble bien aujourd'hui avoir échafaudé ce casse insensé seule », estime quant à lui Jean-Michel Décugis, grand reporter au service Faits Divers du Parisien, et co-auteur de Main basse sur le Louvre. Les secrets du casse (Flammarion).

Les quatre voleurs impliqués au total ont emporté huit pièces. Parmi celles-ci figuraient une broche en diamants ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, un collier de saphirs porté par Hortense de Beauharnais, ainsi qu’un collier d’émeraudes serti de plus de 1 000 diamants, offert par Napoléon à sa deuxième épouse, Marie-Louise. À l’exception de la couronne de l’impératrice Eugénie, qu’ils ont perdue lors de leur fuite, les joyaux dérobés restent introuvables à ce stade. Leur valeur totale est estimée à 88 millions d’euros.

Qu’est devenu le butin ? « Deux hypothèses : soit les bijoux sont en France, cachés, et sans doute pas très loin d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), où l'un des joyaux, le diadème d'Eugénie, a été aperçu sur des caméras de surveillance dans un parking de la ville le 19 octobre, soit 45 minutes après le casse, avance Jean-Michel Décugis. Soit ils ont été écoulés à l'étranger, en Belgique par exemple, via une filière de receleurs. »

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