Trônant en majesté face au Louvre, le musée d’Orsay a su tirer parti de ce majestueux témoignage de l’architecture XIXe siècle. Pourtant, désaffecté comme gare de grandes lignes dès 1939, le bâtiment a bien failli disparaître, puisqu’une autorisation de démolir avait été accordée en 1970, avant que le ministre des Affaires culturelles de l’époque, Jacques Duhamel, ne s’oppose à ce forfait. C’est un article intitulé « Paris assassiné », signé de l’historien de l’architecture François Loyer et publié en novembre 1970 dans la revue L’Œil, qui a participé à la prise de conscience de la qualité patrimoniale de ce bâtiment. Finalement, en 1986, après une transformation intérieure en profondeur, ouvrait ce lieu consacré à l’art du XIXe siècle.
40 ans après, l’institution est devenue l’un des musées les plus importants en France et même à l’international, avec sa collection inégalable de 167 000 œuvres et chefs-d’œuvre.
« Célébrer ces 40 ans, ce n’est pas pour nous regarder derrière soi avec nostalgie, c’est au contraire réfléchir à ce qu’Orsay est aujourd’hui, à ce que nous voulons qu’il devienne demain, a précisé Annick Lemoine, présidente de l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing ce lundi 29 juin 2026. C’est d’ailleurs tout le sens du vers de Verlaine qui accompagne cette année anniversaire : "Rêvons, c’est l’heure". Il parle du temps, bien sûr, du moment qu’il faut saisir, mais aussi d’élan, d’imagination et de projection ».
« En 40 ans, le musée d’Orsay a accueilli 140 millions de visiteurs, a organisé 240 expositions et a ajouté 55 000 œuvres à ses collections », a ensuite précisé Sylvie Patry, déléguée aux célébrations des anniversaires des musées d’Orsay et de l’Orangerie, qui a œuvré au programme des festivités.
Les célébrations débuteront ainsi dès le 6 août avec la présentation d’Un enterrement à Ornans de Gustave Courbet restauré. Parmi les temps forts figureront notamment l’exposition « Mary Cassatt. L’indépendante », l’accrochage « Vertige. Richard Peduzzi à Orsay » (à partir du 6 octobre), puis le lancement du MuM’Orsay itinérant, ou l’exposition « Jenny Holzer. J’ai vu » (20 octobre). Le mois de décembre sera particulièrement dense, avec un grand colloque international, « Orsay, 40 ans après » (2 et 3 décembre 2026), l’ouverture des salles arts décoratifs (1850-1890) (4 décembre 2026), avant le week-end anniversaire gratuit et familial les 5 et 6 décembre 2026, lors duquel seront proposées des rencontres avec Sophie Calle et Catherine Meurisse.
Enfin, le 12 décembre 2026, le musée retrouvera le rythme des eighties avec la « Boum 1986 » placée sous la direction artistique de Thomas Jolly. Alors, comme l’a chanté dès 1983 David Bowie, Let’s dance !




