Fondé en 2023 par Emilia Genuardi, directrice artistique du Salon a ppr oc he, unRepresented repose sur un principe simple : offrir une vitrine aux artistes qui expérimentent l’image sans bénéficier d’une représentation en galerie, en leur associant un mécène privé qui finance leur participation. Quatre éditions plus tard, l’événement se déroule toujours au Molière, hôtel particulier situé dans le 1er arrondissement de Paris, rue de Richelieu. Le bâtiment se prête naturellement au parcours : on glisse d’une pièce à l’autre, d’un étage à l’autre, sans jamais perdre le fil.

Jeremy Apert, Nexus. Photo : A. Frydman
Au rez-de-chaussée, Jérémy Appert, soutenu par un mécène anonyme, ouvre le bal avec Nexus, une série d’impressions jet d’encre pigmentaire qui scrute la salle de musculation comme terrain d’enquête anthropologique. « C’est un lieu où j’ai construit mon regard, où j’ai vu les possibilités d’exploration du médium », confie l’artiste, qui évoque des moments privilégiés avec les visiteurs et des premières ventes encourageantes. Proposées à 5 000 euros, les œuvres seront visibles au festival de photo InCadaqués en octobre. En face, Sandrine Elberg, soutenue par Sophie Bordet, présente ses photogrammes alchimiques entre le cosmos et le microscopique, des mondes à la frontière du réel. Les prix s’échelonnent entre 700 et 2 500 euros.

Collages de Claudia Huidobro. Photo : A. Frydman
Dans la pièce suivante, Élie Monferier, avec son Journal des Mines, soit des impressions UV sur acier oxydé (autour de 8 000 euros), fouille la mémoire minière ariégeoise. Puis, Hélène Bellenger, portée par le Bureau Baillet, installe ses Carta Venere : des sculptures de carton imprimé, tiraillées entre la noblesse du marbre et la modestie du recyclage (de 850 à 1 450 euros). La lumière change dans la pièce qui donne sur la rue. Là, Claudia Huidobro déploie ses grands collages, fragments de magazines et livres vintage assemblés en partitions visuelles (de 5 800 à 6 500 euros). Selon Marie Darblay, de DartBLAY, son mécène, « les galeries peuvent faire leur marché ici ». Elle note de bonnes touches sur les grands formats.

Autoportraits d'Auriane Kolodziej. Photo : A. Frydman
À l’étage, le parcours s’enrichit. Regina Anzenberger (soutenue par Dirk Bernhard Schmitz) présente sa série Gstettn, photographies d’une friche viennoise rehaussées de peinture acrylique. Valérie Le Guern, accompagnée par Amaury Mulliez, superpose deux strates d’images dans Blomma Blommor (de 800 à 2 300 euros). Julien Mignot, soutenu par Jacques Deret / Art [] Collector, propose ses tirages Fresson envoûtants, synthèses d’une journée entière captée au bord de mer (de 6 330 à 12 660 euros). Face à lui, Magali Lambert creuse son sillon entre vivant et trépassé, avec des gravures sur négatif Kodalith (autour de 8 500 euros). Auriane Kolodziej, portée par Martine Zimmermann, a déjà vendu plusieurs de ses Miroir, Miroir, autoportraits en noir et blanc emprisonnés dans la résine noire (autour de 3 000 euros).
Avant de redescendre, le visiteur découvre Laure Sée et ses expérimentations sur plâtre. Son but : « Déranger la lecture immédiate de ce que l’on a sous les yeux », résume-t-elle. Soutenue par Anthem, elle affiche déjà des ventes et un carnet de rencontres prometteur (à partir de 350 euros). Catherine Rebois, elle, matérialise dans ses tirages Fuji Maxima l’impact de l’IA sur l’image photographique, intégrant des composants électroniques dans ses œuvres (de 2 000 à 8 500 euros).
Les ventes ont doucement démarré et c’est peut-être là le vrai tempo d’unRepresented : un salon où les cimaises font leur œuvre lentement, où les premières conversations comptent autant que les transactions.
unRepresented by a ppr oc he, jusqu’au 12 avril 2026, Le Molière, 40 rue de Richelieu, 75001 Paris




