Des tableaux de Pierre-Auguste Renoir, Paul Cezanne et Henri Matisse ont été dérobés dans un musée privé situé près de Parme, dans le nord de l’Italie. Selon un communiqué des carabiniers, quatre individus ont pénétré le 22 mars dans la Fondation Magnani-Rocca, installée dans une villa de campagne au sud de la ville, afin de s’emparer des Poissons (1917) de Renoir, de Nature morte aux cerises (vers 1890) de Cezanne et d’Odalisque sur la terrasse (1922) de Matisse.
D’après le quotidien Corriere della Sera, les malfaiteurs, cagoulés, se sont introduits dans le bâtiment en forçant une porte. Selon la fondation, ils ont agi en moins de trois minutes, le déclenchement du système d’alarme ayant précipité leur fuite.
L’avocat Christopher Marinello, fondateur d’Art Recovery International, a déclaré à The Art Newspaper que « les criminels, qui ont probablement repéré les lieux en amont, chercheront à monnayer leur butin le plus rapidement possible. Ils ont également retenu de l’affaire du musée du Louvre [l’an dernier] qu’il est possible de pénétrer dans n’importe quel musée à condition de dissimuler son visage et d’agir avec suffisamment de rapidité. Les institutions doivent désormais envisager la possibilité de vols exécutés en quelques minutes ».

La Villa Magnani, siège de la Fondation Magnani-Rocca. Photo Chiara Saffioti
Dans une publication sur LinkedIn, l’avocate spécialisée en propriété intellectuelle Eloise Calder souligne qu’« à mesure que les méthodes évoluent et que les opérations gagnent en ciblage et en sophistication, l’enjeu ne se limite plus à la récupération, mais s’étend désormais à la prévention. À ce stade toutefois, l’attention se concentre sur le retour rapide et sécurisé de ces œuvres dérobées, un dossier que le monde de l’art suivra avec la plus grande attention. »
La Fondation Magnani-Rocca figure parmi les plus importantes collections privées d’art en Italie, conservant des œuvres d’artistes tels qu’Albrecht Dürer, Titien, Pierre Paul Rubens, Antoine van Dyck ou encore Francisco de Goya. Fondée en 1977 par le collectionneur Luigi Magnani, elle a ouvert ses portes au public en 1990. La fondation n’a pas donné suite à nos sollicitations.



