Quarante ans après son ouverture au public en 1986, le musée d’Orsay engage un vaste programme de travaux visant à « améliorer les conditions d’accès de ses visiteurs », renforcer la performance énergétique de sa marquise et restaurer un patrimoine architectural majeur. Installé dans l’ancienne gare construite pour l’Exposition universelle de 1900, le musée doit aujourd’hui répondre à des enjeux techniques, environnementaux et humains devenus incontournables.
Placée sous la conduite de l’architecte en chef des monuments historiques Marie-Suzanne de Ponthaud, l’opération, annoncée en 2023 par Christophe Leribault, alors le président de l’établissement, s’inscrit « résolument » dans une logique de restauration patrimoniale. L’un des objectifs prioritaires concerne le parvis, dont le défaut d’étanchéité nécessite une intervention lourde. La marquise, classée monument historique, bénéficiera également d’une rénovation destinée à « améliorer la performance énergétique », en cohérence avec « les objectifs ambitieux de politique environnementale de l’établissement ».
Ces travaux sont aussi l’occasion de repenser l’accueil d’un musée qui reçoit chaque année près de 3,7 millions de visiteurs. Selon l’institution, le principe n’est « pas d’accueillir plus mais d’accueillir mieux ». Après une analyse approfondie des flux, le choix a été fait de séparer entrées et sorties afin de fluidifier les circulations et d’améliorer l’accès aux collections. Les espaces de billetterie, de contrôle, d’accueil et de librairie-boutique seront « réagencés et parfois déplacés », tout en tenant compte des conditions de travail des agents.
Sur le plan architectural, le projet cherche à concilier héritage et modernité. Il s’agit de retrouver « les volumes historiques de la gare » tout en préservant l’empreinte des années 1980. Cette continuité s’exprime notamment à travers la restauration de l’œuvre de Guy de Rougemont sur le parvis, ainsi que par la création d’un mobilier conçu en dialogue avec l’architecture de 1900, celle imaginée par l’agence ACT Architecture (Renaud Bardon, Pierre Colboc et Jean-Paul Philippon) lors de la reconversion de la gare, et l’intervention muséographique de Gae Aulenti.
Menés sur deux ans et demi en site ouvert, les travaux, prévus du 10 mars 2026 à l’été 2028, permettront au musée de rester accessible. Malgré des accès modifiés et la création d’entrées et de sorties temporaires, « le musée continuera tout au long de leur déroulement à accueillir le public ». La réservation est toutefois « fortement recommandée » afin de garantir la qualité de la visite pendant cette période de transformation.




