« J’avais l’habitude de dire que la Tapisserie de Bayeux, c’est Guillaume, Harold et Antoine Verney. Il en était presque devenu un personnage tant il en connaissait les secrets », a déclaré Loïc Jamin, maire adjoint de Bayeux après la disparition d’Antoine Verney. Ce dernier, conservateur en chef des musées de la Ville, est décédé le 11 février 2026, d’une manière « brutale et inattendue », selon la cité, qui lui a rendu hommage lors de son dernier conseil municipal avant les élections. Il avait 62 ans. Ses obsèques se tiendront le vendredi 20 février 2026 en la cathédrale Notre-Dame de Bayeux.
Spécialiste de la Tapisserie de Bayeux, Antoine Verney rejoint la collectivité normande en 1991, avant d’être nommé conservateur en chef des musées de Bayeux en 2009. Il y dirigeait les trois institutions de la Ville : le musée Mémorial de la Bataille de Normandie, le musée Baron-Gérard et le musée de la Tapisserie de Bayeux. Il y était chargé de la conservation, de la programmation et de la valorisation des collections, avec une attention toute particulière pour la Tapisserie, dont il était un spécialiste.
Il s’était engagé depuis la fin des années 2010 dans un chantier ayant pour objectif de stabiliser l’œuvre, bijou de la région et de l’art français, fragilisée par le temps, et de lui construire un lieu d’exposition sur mesure. Ce dernier, conçu par le cabinet d’architecture britannique RSHP, doit ouvrir à l’automne 2027. Entre-temps, la Tapisserie doit également, selon une promesse d’Emmanuel Macron, voyager au British Museum à Londres pour une exposition cette année, projet auquel Antoine Verney était réticent.
Orienté dès ses études vers le milieu muséal et passionné d’art médiéval, Antoine Verney avait une maîtrise d’histoire de l’art et un DEA en ethno-archéologie, tous deux obtenus à l’université Panthéon-Sorbonne. Il était un ancien élève de l’École du Louvre et de l’École nationale du patrimoine.




