En réaction au « contexte de grande fragilisation politique et budgétaire de l’action publique de la culture », selon l’Observatoire des politiques culturelles, une quarantaine d’associations, de structures professionnelles et de collectivités territoriales se sont réunies pour « faire cause commune pour relancer le chantier de la décentralisation culturelle ». Parmi les organisations participantes, figurent notamment DCA – Association française de développement des centres d’art contemporain, FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiennes et plasticiens, Platform – Réseau des fonds régionaux d’art contemporain, le SYNDEAC – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, l’Association des maires de France (AMF), Régions de France, Relais Culture Europe…
Ce livre blanc défend une « nouvelle organisation territoriale des politiques culturelles ». Il entend réagir à un contexte compliqué pour le milieu artistique, qui fait face à de nombreuses coupes budgétaires. La baisse massive des budgets culturels, notamment des régions et départements, fragilise festivals, spectacle vivant et éducation artistique, et risque d’accroître les inégalités entre territoires. Alors que certains rapports gouvernementaux plaident pour une clarification stricte des compétences, le livre blanc propose de trouver une nouvelle voie : ni un statu quo imprécis, ni une spécialisation rigide. Selon le document, la culture, par nature transversale et évolutive, se prête mal à une répartition figée des compétences. Le livre blanc plaide pour une clarification des rôles, une meilleure coordination territoriale, une simplification des instances et une stabilisation des financements, tout en préservant la liberté d’initiative locale. Les associations d’élus, notamment l’AMF et l’AMRF, rappellent d’ailleurs que les communes, en particulier rurales, sont les premiers acteurs culturels de proximité, malgré des moyens limités. Elles demandent un renforcement de l’ingénierie territoriale, une plus grande lisibilité des aides et un respect du principe de subsidiarité.
Le livre blanc pose donc la question du maintien d’un modèle coopératif original, garant de diversité artistique et d’équité territoriale, tout en l’adaptant aux contraintes financières et aux mutations institutionnelles contemporaines.




