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Le Kunstmuseum de Bâle confirme l’authenticité du dernier autoportrait de Paul Gauguin

Le tableau a fait l’objet d’une enquête approfondie après qu’un chercheur spécialiste de l’artiste a remis en cause son attribution plus tôt cette année.

Martin Bailey
29 octobre 2025
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L’authenticité de cet Autoportrait de Gauguin avait été remise en cause. Courtesy Kunstmuseum de Bâle, legs du Dr Karl Hoffmann. Photo : Max Ehrengruber.

L’authenticité de cet Autoportrait de Gauguin avait été remise en cause. Courtesy Kunstmuseum de Bâle, legs du Dr Karl Hoffmann. Photo : Max Ehrengruber.

Le dernier autoportrait de Paul Gauguin – suspecté récemment d’être un faux – est bien authentique, selon de nouvelles recherches menées par le Kunstmuseum de Bâle. Toutefois, une partie du visage aurait été retouchée après la mort du peintre.

L’enquête approfondie du musée a été lancée après que le chercheur spécialiste de Gauguin, Fabrice Fourmanoir, a affirmé en mai de cette année que l’œuvre aurait en réalité été peinte en 1916, soit treize ans après la mort de l’artiste. Selon lui, elle aurait été réalisée par Nguyen Van Cam (également connu sous le nom de Ky Dong), un ami vietnamien que Gauguin avait rencontré sur l’île marquisienne de Hiva Oa.

Dans un communiqué, le Kunstmuseum de Bâle indique que l’attribution à Gauguin « reste pertinente », même si son analyse technique a montré que « certaines zones du visage ont été retouchées » après son décès. Ces interventions, visibles sous lumière ultraviolette, concernent notamment le front, les yeux, le nez, la barbe du menton et la gorge.

Le musée n’a pas communiqué sur les conséquences de ces découvertes, mais cet autoportrait reste une œuvre majeure dans la production de Gauguin, qui contribue à façonner notre perception du travail de l’artiste durant sa dernière année de vie. Loin de l’image arrogante et conquérante de ses autoportraits précédents, il y apparaît fragile, vulnérable, presque tourmenté.

L’autoportrait sous lumière ultraviolette. Certaines zones plus sombres du visage présentent des repeints.

Courtesy Kunstmuseum de Bâle, legs du Dr Karl Hoffmann. Photo : Max Ehrengruber.

Concernant la datation des retouches, les restaurateurs du musée ont identifié la présence de blanc de titane dans les zones repeintes, notamment au-dessus de l’œil gauche. Ce pigment n’ayant été commercialisé qu’à partir de 1918, ces interventions ne peuvent avoir eu lieu qu’après cette date. Les retouches sont déjà visibles sur une photographie de 1926, ce qui indique qu’elles ont été réalisées au plus tard à cette époque.

L’argument avancé par Fabrice Fourmanoir – selon lequel le tableau original aurait été peint par l’ami vietnamien de Gauguin à partir d’une photographie – est écarté par le Kunstmuseum de Bâle. Le musée concède toutefois qu’il est « possible que l’artiste ait bénéficié de l’assistance de Nguyen Van Cam », tout en précisant que « les preuves à ce sujet restent non concluantes ».

En conclusion, l’institution juge « hautement improbable que la peinture soit une contrefaçon postérieure » et estime « bien plus vraisemblable qu’elle ait été exécutée par Gauguin lui-même ».

L’œuvre a par ailleurs été examinée le 9 octobre par le Wildenstein Plattner Institute, responsable du catalogue raisonné de Gauguin, dont les experts ont eux aussi confirmé l’attribution au maître postimpressionniste.

Concernant la provenance, le tableau aurait été offert par Paul Gauguin à son ami vietnamien Ky Dong en 1903, avant d’être transmis, deux ans plus tard, à Louis Grélet. Ce dernier tenta de le vendre chez Sotheby’s en 1924, sans succès. L’œuvre fut ensuite acquise par Louis Francis Ormond (parent de l’artiste John Singer Sargent), puis rachetée en 1928 par le pédiatre bâlois Karl Hoffmann, qui la légua au Kunstmuseum de Bâle en 1945.

Les retouches auraient vraisemblablement été réalisées peu avant ou peu après la vente de 1924, par une main restée inconnue. Le musée ne prévoit pas de les retirer : une partie de la couche picturale originale du visage a été endommagée, et les ajouts datés entre 1918 et 1926 sont désormais considérés comme faisant partie intégrante de l’histoire de l’œuvre. L’autoportrait a désormais retrouvé sa place au sein de l’accrochage permanent du Kunstmuseum de Bâle.

Musées et institutionsPaul GauguinKunstmuseum de BâleFabrice Fourmanoir
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