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Opinion

Les horizons célestes de Caroline Bachmann

Le Crédac, à Ivry-sur-Seine, présente la première exposition en France de la peintre suisse récompensée en 2022 par le prix Meret-Oppenheim.

Béatrice Gross
1 décembre 2023
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Caroline Bachmann, Nuage arc avec cadre, 2016, huile sur toile, Lausanne, collection Banque cantonale vaudoise. © Caroline Bachmann

Caroline Bachmann, Nuage arc avec cadre, 2016, huile sur toile, Lausanne, collection Banque cantonale vaudoise. © Caroline Bachmann

Deux années durant, de 1821 à 1822, le peintre britannique John Constable (1776-1837) décide de se consacrer exclusivement à l’étude des nuages. L’artiste autodidacte, associé au courant romantique anglais, désire produire un art « aussi scientifique que poétique », révolutionnant le genre de la peinture de paysage européenne. Admirateur de Nicolas Poussin, Alexander Cozens et Jacob van Ruisdael, John Constable étudie attentivement la tra-dition dont il s’éloigne. Observateur assidu de ces formes nébuleuses et changeantes, il consulte également les écrits scientifiques qui s’y rapportent.
Avec pour ambition d’établir « une histoire naturelle des cieux », le peintre se passionne ensuite pour les orages, arcs-en-ciel et autres phénomènes météorologiques. Animé par un profond sentiment de proximité avec la nature, John Constable peint sans relâche la campagne anglaise du Suffolk. Grand sédentaire, qui, à la différence de son contemporain J. M. William Turner, voyage très peu, John Constable représente les terres qui l’entourent, entre Salisbury (Wiltshire), dont il est originaire, Londres et, non loin de la capitale, le faubourg de Hampstead (aujourd’hui quartier de Londres), où il réside à partir de 1820.

ALLER À L’ESSENTIEL

Depuis 2013, c’est le lac Léman qui occupe quasi exclusivement l’artiste suisse Caroline Bachmann. Dans l’exposition monographique inédite en France accueillie au Crédac, à Ivry-sur-Seine, on reconnaît, d’une toile à l’autre, une semblable chaîne de montagnes à l’horizon et l’on devine qu’il s’agit sans doute de variations d’un même panorama. Devenu presque familier au fil de la visite, le paysage ne cesse pourtant de se métamorphoser dans la chatoyance pastel de reflets dans l’eau, de faisceaux de lumière du soleil aux premières heures du jour ou de la lune en pleine nuit figurée cette fois avec une palette plus sombre et contrastée. Saisies sur le vif dans des dessins schématiques puis peintes en atelier de mémoire, les visions de Caroline Bachmann rapportent des expériences sensibles qui dépassent la seule saisie optique : « Je n’ai pas envie de me confronter à des problèmes de forme qui me feraient dévier de ce qui m’intéresse : les vibrations, la matière, la texture des choses. »


Saisies sur le vif dans des dessins schématiques puis peintes en atelier de mémoire, les visions de Bachmann rapportent des expériences sensibles qui dépassent la seule saisie optique.

Avec une économie formelle tendant à l’abstraction, Caroline Bachmann veut aller à l’essentiel. Ses compositions harmonieuses aux accents transcendantaux rappellent tout à la fois les aquarelles vaporeuses du naturaliste, géographe et peintre du XVIIIe siècle, Eduard Pechuël-Loesche, les traditions picturales suisses incarnées par le symboliste Ferdinand Hodler et le nabi Félix Vallotton ou encore un certain modernisme nord-américain allant de Rockwell Kent à Georgia O’Keeffe. Voie nouvelle dans la carrière de cette artiste sexagénaire longtemps attachée, entre autres, à l’étude de l’œuvre de Marcel Duchamp, la peinture atmosphérique de Caroline Bachmann, « scribe du lac Léman », intrigue et transporte.

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« Le matin. Caroline Bachmann », 17 septembre-17 décembre 2023, Centre d’art contemporain d’Ivry – Le Crédac, La Manufacture des Œillets, 1, place Pierre-Gosnat, 94200 Ivry-sur-Seine.

ExpositionsJohn ConstableCaroline BachmannChroniqueCentre d’art contemporain d’Ivry - Le Crédac
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