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Ce qu’il faut retenir de la 21e édition de Paris Photo

Du 9 au 12 novembre, le rendez-vous incontournable de la photographie revient sous la verrière du Grand Palais. Au programme : une nouvelle section consacrée au cinéma et un invité d’honneur, Karl Lagerfeld.

par Anna Sansom
11 novembre 2017
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Jérémie Bouiloon

Jérémie Bouiloon

Jérémie Bouiloon

De retour avec 160 galeries de trente pays, la 21e édition de la foire Paris Photo accueille désormais aussi le cinéma. «Ça faisait un moment que nous voulions nous ouvrir au cinéma, et le Grand Palais présente l’avantage de posséder un merveilleux cinéma sur place », explique Florence Bourgeois, directrice de Paris Photo. Organisé par les cinémas MK2, ce nouveau secteur de la foire permet de découvrir neuf films et des œuvres d’art vidéo d’artistes comme Vanessa Beecroft et Laura Henno. Mais la star de l’édition 2017 est Karl Lagerfeld, dont la sélection de 100 clichés – parmi lesquels on retrouve des œuvres d’André Kertész, Constantin Brancusi et Ilse Bing témoigne de « son amour pour l’abstraction et le noir et blanc », selon Florence Bourgeois.

L’essentiel de la foire se concentre autour de vingt-neuf expositions monographiques. L’une d’entre elles, dédiée aux images idiosyncrasiques et humoristiques de Sigmar Polke, est à retrouver sur le stand près des galeries Sies+ Höke (Düsseldorf) et Kicken Berlin. Plus loin, la Louise Alexander Gallery (Porto Cervo, Italie) a misé sur la photographie de mode de Guy Bourdin.

D’autre part, le secteur « Prismes », consacré aux œuvres grand format, abrite l’exposition « The Tears of Things », une sélection de 150 œuvres issues de la collection privée d’Helga de Alvear, la marchande d’art allemande résidant actuellement à Madrid. Organisée par Marta Gili, directrice du musée du Jeu de Paume, l’exposition rassemble les œuvres de Bernd et Hilla Becher, Anna et Bernhard Blume, Ed Ruscha, Rodney Graham, Gordon Matta-Clark et Christian Marclay, et reproduit en version miniature l’exposition qu’elle avait organisée en 2014 à la Fondation Helga de Alvear, à Cáceres, dans l’ouest de l’Espagne. « Paris Photo m’a demandé de refaire cette exposition à échelle réduite car ils voulaient lui [Helga de Alvear] rendre hommage en tant que collectionneuse et galeriste. »

Les stands de Paris Photo à ne pas rater

Mélanie Rio (Nantes): Edgar Martins

Edgar Martins/Melanie Rio Fluency

La galerie présente la série Siloquies and Soliloquies on Death, Life and Other Interludes (2016) du photographe portugais Edgar Martins, qui a été réalisée grâce à l’aide de l’Instituto Nacional de Medicina Legal e Ciências Forenses du Portugal. « [L’œuvre] s’inspire du meurtre traumatique d’un ami proche. Elle a été modifiée de sorte que le spectateur puisse réfléchir au rôle que tient la photographie » dans la représentation de la mort. L’œuvre fait intervenir des textes, une projection et des éléments sonores.

Chelouche Gallery (TelAviv): Miki Kratsman

Chelouche Gallery, Tel Aviv et Paris Photo

Targeted Killing Series (2010) de Miki Kratsman reprend un terme de l’armée israélienne désignant l’exécution des présumés terroristes. À l’aide d’un objectif utilisé par les drones de l’armée, Miki Kratsman a photographié les passants d’Issawiya, un village palestinien à Jérusalem. « En employant cet objectif, n’importe qui devient un suspect potentiel », constate Miki Kratsman.

Carlier Gebauer (Berlin): Richard Mosse

Richard Mosse et Carlier Gebauer

Le photographe irlandais Richard Mosse a capturé les camps de réfugiés à l’aide d’une caméra thermique pour sa série photographique intitulée Heat Maps (2016). « Cette caméra a été conçue pour contrôler les frontières et repérer l’ennemi », dit Richard Mosse. « En utilisant cet appareil pour raconter [l’histoire ] de réfugiés, je mets volontairement le spectateur mal à l’aise afin qu’il se sente désorienté. »

Galerie Particulière (Paris): Lise Sarfati

La Galerie Particulière

La série Oh Man (2012-13) de Lise Sarfati regroupe dix-sept photographies grand format d’hommes déambulant dans une ville déserte. « Les œuvres ont été faites dans le centre-ville de Los Angeles avant sa gentrification », dit Lise Sarfati. « Je ne veux pas confronter le regardeur à un document mais à une vision. J’ai joué avec la distance pour créer une relation ambiguë entre l’homme et le paysage. »

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