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Redistribution des cartes

Avec le Brexit, la place de Londres sera-t-elle toujours aussi attractive pour les acteurs du marché de l’art ?

Avec le Brexit, la place de Londres sera-t-elle toujours aussi attractive pour les acteurs du marché de l’art ? Ou, à l’exemple de la finance, verra-t-on des opérateurs préférer conclure leurs transactions au sein de l’Union européenne ? C’est l’un des arguments qu’avait évoqués David Zwirner pour justifier son choix d’ouvrir un espace à Paris, dans la galerie autrefois occupée par Yvon Lambert. Il a été suivi tout début février par la Londonienne White Cube. Celle-ci a ouvert son siège parisien dans un appartement haussmannien de l’avenue Matignon – avec notamment un accrochage d’œuvres de Bram Bogart, Tracey Emin, Anthony Gormley, Robert Gober, Jannis Kounellis, Cady Noland ou Per Kirkeby –, même si Mathieu Paris, senior director de l’enseigne, avait précisé que cette installation n’avait rien à voir avec le contexte politique…

Illustration du Brexit D.R.

Dans le domaine des enchères, la hiérarchie entre Londres et Paris pourrait aussi évoluer. Déjà, depuis quelques mois, l’écart entre le total des ventes organisées dans les deux capitales s’est sérieusement réduit dans le domaine de l’art des XXe et XXeI siècles. Chez Christie’s, la vente Paris Avant-Garde avait totalisé 46,4 millions d’euros le 17 octobre 2019, à comparer aux 64,5 millions de livres de la vente du soir d’art d’après-guerre et contemporain du 4 octobre 2019 ou des 43,9 millions de livres de la vente The Art of The Surreal le 5 février 2020 à Londres. Du côté de Sotheby’s, à Paris, la collection Claude François-Xavier Lalanne, le 24 octobre 2019, avait enregistré 91,3 millions d’euros et la vacation du soir d’art contemporain du 4 décembre 37,3 millions d’euros. À Londres, la session du soir d’art contemporain du 3 octobre 2019 avait engrangé 54,7 millions de livres, les ventes de février n’ayant pas non plus spécialement brillé. Avec le Brexit, il n’est pas impossible que cette tendance s’amplifie dans les années à venir au profit de Paris. Peut-être que les propriétaires des deux principales maisons de ventes mondiales – qui sont maintenant de façon inédite des Français – auront-ils aussi à cœur d’apporter leur soutien à la capitale française ?