Photo: Amores Pictures.

Reportages
Musées et Institutions

À Cáceres, un nouveau musée accueille la collection d'art contemporain d'Helga De Alvear

La galeriste et collectionneuse Helga de Alvear a fait don à la nouvelle institution, inaugurée jeudi 25 février, de la totalité de sa collection de 3 000 œuvres, comprenant des pièces de Francisco de Goya, Pablo Picasso, Vassily Kandinsky, Louise Bourgeois, Nan Goldin, Olafur Eliasson et Tacita Dean.

Un nouveau musée accueillant la vaste collection d’art contemporain de la collectionneuse et galeriste d’origine allemande Helga de Alvear à Cáceres, dans le sud de l’Espagne, a été inauguré jeudi 25 février par le roi d’Espagne, Felipe VI, et la reine Letizia.

The Museum of Contemporary Art Helga de Alvear. Photo: Amores Pictures.

Helga de Alvear a fait don de l’ensemble de sa collection de 3 000 œuvres à la région d’Estrémadure. L’exposition inaugurale réunissant environ 200 œuvres, organisée par José María Viñuela, le conservateur de la Helga de Alvear Collection, comprend des pièces de Louise Bourgeois, Nan Goldin, Doris Salcedo, Tacita Dean, Olafur Eliasson, Vassily Kandinsky et Pablo Picasso. Une édition rare de Los Caprichos [Les Caprices] (1799), eaux-fortes à l’aquatinte de Francisco de Goya, offerte par l’artiste à son ami Evaristo Pérez de Castro – œuvre considérée comme une référence pour l’art moderne – est également exposée.

L’EXPOSITION INAUGURALE RÉUNIT ENVIRON 200 ŒUVRES

La Fundación Helga de Alvear, soutenue par la municipalité de Cáceres, a été créée en 2006. Le projet initial du Centre d’arts visuels de la fondation, installé dans un bâtiment du début du XXe siècle connu sous le nom de Casa Grande, a ouvert ses portes dans le quartier historique de Cáceres en 2010. Le nouveau bâtiment de 8 000 mètres carrés a été conçu par les architectes espagnols Tuñón Arquitectos. Le coût du nouveau musée, qui ouvre ses portes dans le respect des consignes imposées par la crise sanitaire, s’élève à environ 10 millions d’euros, la moitié des fonds étant avancés par Helga de Alvear en personne, l’autre financée par la région d’Estrémadure.

Dans un article paru dans le magazine Forbes, Helga de Alvear a déclaré : « Tout le monde parle de la valeur de ma fondation. 140 millions d’euros, ont-ils dit. Et cela me semble honteux, car je n’ai jamais dépensé plus de 400 000 [monnaie non précisée] pour une seule pièce ». Et d’ajouter : « J’aime les gestes artistiques forts, comme ceux de [Thomas] Hirschhorn [et de] Santiago Sierra [dont le travail sur les prisonniers catalans, Political Prisoners in Contemporary Spain, a été censuré à la foire Arco de Madrid en 2018]. Santiago dit la vérité et les gens ne veulent pas l’entendre. Il y a une photo de son travail dans le musée qui est drôle. Une plage de Majorque, à Pollença, sur laquelle il a peint “Inländer raus” (les nationaux dehors)».

Helga de Alvear devant Descending Light (2007) de Ai Weiwei. Photo: Andy Solé.

Helga de Alvear vit en Espagne depuis 1959, date à laquelle elle a épousé l’architecte Jaime de Alvear. Sa vie a changé, lorsqu’elle a rencontré en 1967 la galeriste Juana Mordó, devenue son mentor, et qui lui a fait connaître des artistes tels qu’Eduardo Chillida et José Guerrero. « En janvier 1980, elle a commencé à travailler à la galerie Juana Mordó : ce furent des années d’apprentissage, tant en ce qui concerne la gestion que l’approfondissement de ses connaissances sur la scène artistique internationale », indique le site Internet de sa fondation.

Vue de l’installation Faux Rocks (2006) de Katharina Grosse. © Joaquín Cortés / Helga de Alvear Museum

Elle a dynamisé la scène artistique espagnole en cofondant la foire d’art moderne et contemporain Arco à Madrid en 1982 et en ouvrant sa propre galerie à côté du musée Reina Sofía à Madrid en 1995. « [La galerie] a promu activement l’art contemporain international en mettant l’accent sur la photographie, la vidéo et l’installation à une époque ces médiums étaient pratiquement inconnus en Espagne », ajoute la fondation.