Réunis la semaine dernière à Paris à l’occasion de la cinquième édition d’Art Basel Paris, des dirigeants de grands musées des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont tenu, jeudi 22 octobre 2026, une première réunion inaugurale. Initiée par la France, qui préside cette année le G7, elle a donné naissance à deux projets : le « Museum 7 », réseau des musées du G7, et la Coalition pour la culture, le dialogue et le développement (CCDD).
Le Museum 7 se veut un réseau « de professionnels à professionnels ». Il entend faciliter la « mobilité » des équipes, les échanges de bonnes pratiques et les projets communs. Ses chantiers : de nouveaux modèles de financement public-privé, l’actualisation des exigences de conservation et de sécurité mais aussi l’accessibilité et l’adaptation aux défis environnementaux. Les membres du réseau se réuniront à tour de rôle dans chacun des pays hôtes du G7, afin d’inscrire la coopération muséale dans la durée.
Le calendrier n’est pas anodin. Ces dernières années, les institutions muséales et patrimoniales françaises ont été une cible de choix pour les cambrioleurs et les vols récents au Louvre, au musée Lalique, à Wingen-sur-Moder, ou encore au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer constituent des témoignages éloquents. Le réseau Museum 7 prévoit précisément de se pencher sur la question de la sécurité et de son financement.
Seconde initiative culturelle proposée lors de cette réunion, la Coalition pour la culture, le dialogue et le développement (CCDD) porte, elle, sur un autre domaine. Sous l’impulsion de la cheikha Al-Mayassa bint Hamad Al Thani (Qatar Museums) et de Marie-Josée Kravis (MoMA), elle réunit acteurs publics, mécènes, institutions et créateurs pour faire de la culture un levier d’emploi, de formation et de croissance, mais aussi de réconciliation.
Un comité consultatif d’experts (politique, architecture, urbanisme, psychologie, hôtellerie, économie) la conseille et des sous-comités sont chargés de gérer partenariats, éducation, recherche et compétences. Les grandes thématiques abordées renvoient à une actualité d’échelle nationale et internationale : le rôle de la culture dans la reconstruction après des conflits et catastrophes naturelles ; l’urbanisme comme facteur de cohésion sociale ou encore la création d’« espaces de confiance » culturels. Autant de questions posées par les guerres qui détruisent des sites patrimoniaux et par les séismes et inondations qui frappent régulièrement certaines villes. La coalition entend jouer un rôle de groupe de réflexion auprès des gouvernements en cherchant, selon ses initiateurs, à « concilier hard et soft power. »




