Les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, les Journées européennes du patrimoine reviennent pour leur 43e édition. Le rendez-vous est précédé, le vendredi 18 septembre, par « Levez les yeux ! », journée consacrée aux scolaires. En France, plus de 18 500 sites avaient ouvert leurs portes l’an dernier, attirant quelque 7,4 millions de visiteurs. Cette année, la manifestation place la photographie au cœur des festivités à l’occasion de son bicentenaire, tout en s’intéressant à un patrimoine plus fragile, selon le thème européen « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Selon la ministre de la Culture, Catherine Pégard, « les effets du changement climatique, le simple passage du temps ou encore l’oubli peuvent fragiliser ce que les générations précédentes nous ont légué. Face à ces menaces, protéger le patrimoine n’est pas seulement une nécessité culturelle : c’est un choix de société. »
En Île-de-France, et particulièrement à Paris, le programme est riche en ouvertures exceptionnelles. Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, le chantier de restauration de la façade de la gare de Lyon permet de découvrir au plus près cette opération spectaculaire. L’édifice conçu pour l’Exposition universelle de 1900 va retrouver ses crêtes de zinc et son blason monumental. Dans l’Essonne, à Milly-la-Forêt, les fresques et vitraux de Jean Cocteau dans la chapelle Saint-Blaise des Simples, où l’artiste est enterré, offrent un autre exemple en matière de restauration. Fragilisée par l’humidité, cette chapelle dépendant d’une ancienne léproserie a fait l’objet d’une campagne de restauration soutenue par la DRAC Île-de-France.
Parmi les autres ouvertures remarquables, les grands dépôts des Archives nationales, dans le Marais, dévoilent des espaces habituellement fermés au public et des documents fondateurs, de chartes mérovingiennes au mètre-étalon, jusqu’à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. D’autres institutions parisiennes accueillent également du public. L’Institut de France ouvre les espaces historiques de son palais du quai de Conti, tandis que le Sénat permet l’accès au Palais du Luxembourg, au bureau de son président au Petit Luxembourg et aux serres du Jardin du Luxembourg. L’Hôtel de Noirmoutier, à Paris, dévoile ses grands salons, où cohabitent décors historiques et créations contemporaines. À Bry-sur-Marne, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) ouvre exceptionnellement ses coulisses, tandis qu’à Saint-Denis, l’ancienne abbaye royale, devenue Maison d’éducation de la Légion d’honneur, permet de découvrir un lieu historique toujours en activité.
La photographie, au cœur de cette édition de son bicentenaire, se décline aussi à travers plusieurs facettes. Au Palais-Royal, une sélection d’œuvres de Willy Ronis confronte le regard humaniste du photographe aux décors historiques du site. Au fort de Saint-Cyr, la Médiathèque du patrimoine et de la photographie dévoile les collections photographiques de l’État et les archives des Monuments historiques, tandis qu’à Boulogne-Billancourt, le Studio Frank Horvat, récemment labellisé « Maison des Illustres », ouvre les portes de ce lieu de création conservant les archives du photographe.
À Gif-sur-Yvette enfin, l’exposition « De l’ombre à la lumière. Le patrimoine abandonné revisité » montre comment la photographie documente les édifices abandonnés et contribue à préserver la mémoire de lieux menacés.
Ailleurs en France, la programmation est également très riche. À Caen (Calvados), le musée de Normandie présente « Le Château des photographes », une exposition réunissant près de 150 œuvres et documents inédits retraçant l’histoire du château à travers le regard des photographes. À Roubaix (Nord), l’ancienne filature Cavrois-Mahieu, devenue le lieu de création Le Non-Lieu, illustre la reconversion d’un patrimoine industriel. À Cluny (Saône-et-Loire), les plus jeunes peuvent découvrir l’abbaye à travers un parcours interactif mobilisant les cinq sens. Enfin, à Pontcirq (Occitanie), un atelier initie les participants à la construction en pierre sèche, pratique ancestrale désormais reconnue au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.




