Alors que le Salon Fine Arts Paris ouvre ce 18 septembre 2026 au Grand Palais, 18 marchands importants, souvent piliers du Syndicat national des antiquaires, ont préféré faire bande à part. Leur absence s’explique officiellement par le coût des stands au Grand Palais. Cette défection fragilise malheureusement l’unité du marché de l’art parisien, a fortiori dans une période compliquée. « Confidentiel », qui se tient jusqu’au 20 septembre 2026 à l’Hôtel de La Trémoille, près du Trocadéro, mise sur une tout autre formule. Soit un cadre exclusif et prestigieux, cette année la résidence de l’ambassadrice de Serbie offre avec une vue imprenable sur la tour Eiffel. Mais aussi un accès restreint, uniquement sur invitation (on peut toutefois soumettre une demande en ligne), et une atmosphère feutrée et intimiste, servie par la scénographie discrète de René Bouchara.
Même si l’ensemble présente moins de diversité qu’au Grand Palais, la qualité est au rendez-vous. Oscar Graf, dans une présentation conjointe avec la galerie Lucas Ratton, spécialisée dans les arts premiers, propose entre autres une étonnante table d’appoint en bois sculpté de têtes de moine encapuchonné, « peut-être Savonarole ou Dante, un travail germanique ou d’Italie du Nord, vers 1900-1905 », explique Oscar Graf. Ce meuble est affiché à 15 000 euros. Plus loin, Neuse (Brême) propose, pour 115 000 euros, une table à ouvreuse en acajou signée François Linke, réalisée vers 1900. Un autre exemplaire vient « par ailleurs d’être acquis par le musée des Arts décoratifs à Paris », précise la galerie. L’enseigne belge Costermans montre notamment un élégant bureau de dame attribué à Jacques Dubois, datant du XVIIIe siècle, au prix situé entre 70 000 et 100 000 euros. La librairie Amélie Sourget a élu domicile dans la bibliothèque de l’ambassadrice, aux rayonnages ornés de livres sur Tito, tandis qu’à l’étage du dessous, Alexis Renard a concocté, avec d’autres, une exposition sur les « Indiens », d’Amérique et d’ailleurs.



