L’exposition de Frank Stella au musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole (MAMC+) est non seulement la première qui lui est consacrée depuis son décès en mai 2024, à l’âge de 87 ans, mais aussi la première dans une institution en France depuis plus de trente ans. Un de ses objectifs est de mettre en évidence et d’éclairer la réception de cette figure clé de l’abstraction dans l’Hexagone, notamment auprès des collectionneurs privés. L’abstraction dont on peut qualifier les œuvres de Frank Stella est loin de se limiter à la peinture, même si celle-ci en fut l’élément fondateur. Elle s’est d’abord déstructurée du châssis, avant d’élargir le champ pictural à d’autres matières comme le feutre ou le carton, pour ensuite se détacher peu à peu du mur puis s’en émanciper totalement jusqu’à parvenir aux assemblages baroques dont le qualificatif de sculptural pourrait aussi paraître réducteur.
Travaillant par suites et séries, Frank Stella a souvent bifurqué dans sa démarche, se positionnant là où l’on ne l’attendait pas, surprenant tant ses galeristes que les collectionneurs. Un des acquis de cette exposition, dont le commissariat est assuré par Alexandre Quoi, est de s’articuler sur ces charnières pour, de salle en salle et avec un choix d’œuvres ciblées, montrer combien son parcours est cohérent dans son hétérogénéité et combien l’artiste était un précurseur dans bien des domaines, des Black Paintings qui ont fait sa célébrité aux NFT et autres créations d’inspiration digitale.
Cap sur la couleur
Proche d’artistes comme Carl Andre, Donald Judd, Larry Bell, Ellsworth Kelly et Hollis Frampton – dont quelques pièces contextualisent cette scène new-yorkaise –, Frank Stella n’a pas oublié ses aînés, à l’instar de Hans Hofmann, représenté par l’emblématique toile Exaltation (1947) et, dans un tout autre genre, Vassily Kandinsky, dans sa période tardive, avec Complexité simple (1939, dite aussi Ambiguïté). Ces deux titres pourraient parfaitement convenir pour qualifier l’œuvre de Frank Stella, dont la première partie de l’exposition s’attache à redéfinir le parcours initiatique avec des peintures inédites en France, grâce au partenariat avec l’Addison Gallery of American Art de la Phillips Academy, à Andover (Massachusetts), à laquelle l’artiste avait fait une importante donation.
Dans les salles voisines, l’accrochage « Flying Colors » offre un choix de travaux d’artistes américains qui complète idéalement la rétrospective de Frank Stella. La sélection couvre la période des années 1950 à aujourd’hui et comporte des chefs-d’œuvre majeurs, dont plusieurs (Josef Albers, Morris Louis, Kenneth Noland, Larry Poons, Robert Rauschenberg, Sol LeWitt, Dan Flavin ou encore Cy Twombly) ont été acquis par le musée stéphanois – parmi lesquels trois de Frank Stella –, les autres provenant des collections du Minneapolis Institute of Art.
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« Frank Stella. Minimal/Maximal » et « Flying Colors », 27 juin 2026-3 janvier 2027, musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, rue Fernand- Léger, 42270 Saint-Priest-en-Jarez.




