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Gustave Courbet, « collection D. » et Karel Appel

Cette semaine, la maison Pierre Bergé & Associés présente un paysage de montagne réalisé par Gustave Courbet ; Audap & associés, la collection de M. et Mme D. Enfin, Leducq-Maison de ventes aux enchères propose une œuvre post-CoBrA du Néerlandais Karel Appel.

Nicolas Denis
22 juin 2026
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Gustave Courbet, Le Glacier, vers 1876, huile sur toile. Courtesy PBA Auctions

Gustave Courbet, Le Glacier, vers 1876, huile sur toile. Courtesy PBA Auctions

Cette semaine aux enchères

Chaque semaine, la rédaction de The Art Newspaper France propose une sélection de ventes aux enchères qui attireront l'attention des collectionneurs.

Un « Glacier » de Gustave Courbet chez Pierre Bergé & Associés

Rachetée il y a peu par le Millon Auction Group (MAG), Pierre Bergé & Associés reprend une formule qui a fait ses preuves chez Millon : « So Unique », une vente - une œuvre, qui a permis quelques beaux records pour des pièces Domenico Gnoli (Unbuttoned button, 1969, vendue 8 millions d’euros en 2021, record mondial pour l’artiste) ou Sheila Hicks (530 000 euros, autre record, pour Fugue, 1969-1970). Installée à quelques centaines de mètres du Rond-point des Champs-Élysées, la maison a sobrement rebaptisé – quartier chic oblige – son événement : « Un soir, un Courbet ». « Nous sommes très heureux de présenter cette huile sur toile Le glacier de Gustave Courbet (est. 300 000-400 000 euros), qui marquera, nous l’espérons, le renouveau de la maison Pierre Bergé » souligne Marc Chochon, chargé de la modernisation de la maison. Ce tableau reproduit pour la première fois en 1897 dans l’ouvrage d’Alexandre Estignard, Courbet sa vie, ses œuvres, sous le titre Paysage, est, selon le catalogue, « précurseur de ce mouvement qui deviendra la base du paysage moderne, des générations d’artistes qui ont ainsi continué d’explorer la relation de l’homme avec la nature ».

« Un soir, un Courbet », jeudi 25 juin 2026, Pierre Bergé & Associés, 21, avenue Kléber, 75016 Paris

François Pompon, Pintade, état B (détail), modèle créé en 1912 ; exemplaire fondu le 28 août 1925. Courtesy Audap

Collection de M. et Mme D. chez Audap

Le 26 juin 2026, Audap & associés disperse une collection réunie pendant plus de vingt ans par un couple d’amateurs éclairés, M. et Mme D., sans logique spéculative. Fidèles de Drouot et des galeries depuis 1980, ils ont affûté un regard précis sur la période classique moderne (1860-1960). Une trentaine de lots en témoignent, avec une nette prédilection pour la sculpture figurative et animalière, le dessin et l’aquarelle.

Le bronze forme le socle de l’ensemble, partagé entre étude des corps et art animalier. Côté figures, une cire perdue de Jean-Baptiste Carpeaux (Étude pour Ugolin, est. 3 000-5 000 euros), un nu sensuel d’Antoniucci Volti, héritier de Maillol (est. 10 000-15 000 euros), et un Écorché tourmenté de Michèle Chast (est. 6 000-8 000 euros). Côté bestiaire, une Pintade de François Pompon, chef de file d’une esthétique qui souhaite éliminer le détail pour ne garder que le mouvement (fonte Hébrard, 1925, numérotée 19, est. 15 000 à 20 000 euros), dialogue notamment avec une Tête de chat égyptien de Charles Artus (est. 4 000-6 000 euros). Les arts graphiques, enfin, se lisent en trois temps : les classiques (Paul-César Helleu, Jean-Louis Forain), les aquarelles du début de siècle (Ossip Zadkine, Paul Signac) et les cubistes tardifs (Georges Valmier, Albert Gleizes). La pièce la plus cotée est pourtant la plus inattendue : Jeu de Dame, nature morte de Bernard Buffet de 1956 où surgit la couleur, estimée de 60 000 à 80 000 euros.

« Dessins, tableaux & sculptures modernes - Arts décoratifs du XXe siècle & design », vendredi 26 juin 2026, Audap & associés, Hôtel Drouot, 75009 Paris

Karel Appel, Chat Sauvage, 1958, huile sur toile. Courtesy Leducq enchères

Un « Chat sauvage » chez Leducq

Lorsqu’il réalise Chat sauvage en 1958 (est. 40 000-60 000 euros), le peintre néerlandais Karel Appel est installé à Paris depuis huit ans, et est à peine sorti de l’aventure CoBrA, groupe dissout en 1951. Sa découverte de l’action painting lors de son séjour américain de 1957 inaugure une période pour l’artiste, où l’exécution dynamique anime toute la surface et tend à dissoudre le motif. Chat sauvage relève précisément de ce moment : la pâte plus sombre et violente, le geste plus large, la couleur qui disparaît, engloutie par le pelage du chat dont on devine les yeux et les oreilles. 1958, c’est aussi l’année d’une consécration paradoxale pour un peintre en révolte contre le formatage culturel et artistique : il réalise Des oiseaux et des animaux, rencontre avec le printemps, décor mural du restaurant de l’Unesco à Paris. Le scandale des Questioning Children de 1949 n’est pas si loin, et pourtant le Chat sauvage se plie à une commande publique.

Le tableau se lit à la croisée de deux logiques. Celle de l’art informel défendu par Michel Tapié, qui l’avait rangé dès 1952 aux côtés de Jean Dubuffet, de Jackson Pollock et de Jean Fautrier. Et celle, plus intime, d’une formule que le peintre a faite sienne : « je barbouille comme un barbare ».

« Collections modernes », mardi 23 juin 2026, Leducq - maison de ventes aux enchères, Hôtel Drouot, 75009 Paris

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