Manifesta a dévoilé les grandes lignes de sa 16e édition, qui se déroulera en Allemagne, dans la Ruhr, l’une des régions métropolitaines les plus peuplées d’Europe. Pour la première fois dans l’histoire de la biennale, le projet s’appuiera sur un réseau de douze églises construites après la Seconde Guerre mondiale et réparties entre Bochum, Duisbourg, Essen et Gelsenkirchen. Ces bâtiments, dont plusieurs connaissent une diminution de leur activité religieuse, accueilleront expositions, commandes artistiques, performances et programmes publics. L’événement réunira 107 participants issus de plus de 25 pays et donnera lieu à la présentation de 67 commandes inédites.
Fondée en 1996, Manifesta se distingue par son modèle nomade, chaque édition étant conçue à partir des spécificités sociales, économiques et urbaines de son territoire d’accueil. Après Barcelone en 2024, la Ruhr devient le laboratoire de cette approche, avec une attention particulière portée sur les enjeux de reconversion du patrimoine religieux.
Ce choix résulte d’une étude urbaine conduite par l’équipe curatoriale de Manifesta sur les transformations du territoire. La Ruhr compte plusieurs milliers d’édifices religieux construits durant l’essor industriel au XXe siècle. Le recul de la pratique religieuse et les évolutions démographiques ont conduit de nombreuses paroisses à réduire leurs activités, à fusionner ou à envisager de nouveaux usages pour leurs bâtiments. Les artistes invités seront amenés à travailler sur des questions liées à la réutilisation de ce patrimoine, à la cohésion sociale, aux transformations des quartiers et aux nouvelles formes de participation citoyenne. Certains projets seront développés en collaboration avec les habitants, les associations locales et les communautés religieuses encore présentes dans les lieux. Parmi les participants figurent plusieurs personnalités de premier plan de la scène internationale de l’art contemporain comme l’artiste palestinienne Mona Hatoum, le Belge Luc Tuymans, ou encore le collectif danois SUPERFLEX.
Le programme de la Biennale, nommé avec un brin d’ironie « This is Not a Church » (« Ceci n’est pas une église »), a été conçu collectivement par une équipe interdisciplinaire composée de douze acteurs du monde de l’art. Celle-ci réunit l’architecte Josep Bohigas, l’historien de l’art Gürsoy Doğtaş, ainsi que trois binômes intergénérationnels issus de différents contextes nationaux : les Britanniques Michael Kurtz (critique et commissaire) et Henry Meyric Hughes (auteur et commissaire), les Allemands René Block (galeriste et commissaire) et Leonie Herweg (curatrice), et les Polonais Krzysztof Kosciuczuk (commissaire) et Anda Rottenberg (également commissaire).




