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Marie Lavandier défend la gestion de l’abbaye du Mont-Saint-Michel par le CMN

Auditionnée par le Sénat, la présidente du Centre des monuments nationaux a pris position sur le projet de transfert de la gestion du site classé vers l’Établissement public du Mont-Saint-Michel (EPMSM).

Stéphane Renault
28 mai 2026
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Marie Lavandier, présidente du Centre des monuments nationaux, lors de son audition devant la commission de la culture du Sénat, le 27 mai 2026. Sénat

Marie Lavandier, présidente du Centre des monuments nationaux, lors de son audition devant la commission de la culture du Sénat, le 27 mai 2026. Sénat

Lors de sa seconde audition depuis sa nomination devant la commission de la culture du Sénat, le 27 mai, Marie Lavandier, présidente du Centre des monuments nationaux, a présenté la situation de l’établissement, les défis auxquels il doit faire face et la feuille de route stratégique de « CMN 2030 ».

« CMN 2030 est un projet construit avec tous les agents, 1 500 répartis sur tous les territoires, avec aussi les partenaires – élus locaux, institutions culturelles, associations – pour aboutir à dix grands chantiers, a-t-elle rappelé. J'en citerai trois : construire un pacte d'hospitalité avec nos visiteurs pour développer un socle commun en termes d'accueil, de qualité de médiation, de qualité de confort sur l'ensemble de nos sites ; développer une écologie de la conservation, réapprendre à entretenir au quotidien pour éviter d'avoir à procéder à des grandes restaurations dont collectivement, et je ne parle pas du seul Centre des monuments nationaux, nous n'avons plus les moyens aujourd'hui ; et enfin, l'implication systématique des visiteurs, des habitants, des citoyens, dans la construction de nouveaux projets. »

Interrogée sur la réflexion en cours sur la gestion de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, qui pourrait échapper au CMN, et les conséquences qu’aurait une telle décision pour l’établissement, sa présidente a répondu : « C’est un site exceptionnel, un monument qui appartient à tous les Français, un monument très complexe, très fragile aussi, un “monument île”. C'est le deuxième monument le plus fréquenté du Centre des monuments nationaux après l'Arc de Triomphe – 1 600 000 visiteurs l'année dernière –, et c'est évidemment le premier de nos sites hors Île-de-France. C'est un lieu où nous n'avons cessé d'investir, avec ces dix dernières années, plus de 30 millions d’euros d'investissements pour la restauration du Mont. Ce site fait l'objet, depuis quelques années, d'une gouvernance assez inédite. Le Centre des monuments nationaux gère plus de 70 % de la surface du Mont, au-delà d'ailleurs de l'abbaye, où il exerce ses missions traditionnelles : conservation, restauration, accueil des publics, programmation culturelle, valorisation du site, investissements patrimoniaux, diversification des usages. Dans ce monument qui, vous l'imaginez, fait face aujourd'hui à d'importants défis : l'adaptation au changement climatique, la pression touristique très forte, le maintien du caractère paysager environnemental du site. Ce n’est pas un site tout à fait comme les autres. Il requiert une connaissance, des compétences en termes de préservation et de conservation patrimoniale. C'est un site qui est menacé, disons-le, au quotidien. »

« Aux côtés du Centre des monuments nationaux, un établissement public à caractère industriel et commercial a été créé il y a presque 7 ans maintenant, pour reprendre assez tôt sa genèse, qui est compétent pour le maintien du caractère maritime de l'abbaye, les infrastructures d'accès au site, parkings, passerelles, et pour la promotion du Mont-Saint-Michel comme destination touristique, a-t-elle poursuivi. Il a été prévu dans les statuts que le directeur général de l'établissement public du Mont-Saint-Michel soit ès qualité l'administrateur du site géré par le Centre des monuments nationaux. Ce dernier est donc en possession de tous les leviers que mobilise le Centre des monuments nationaux à l'échelle nationale. Il a ces deux casquettes. »

« Vous l'avez dit, il y a des réflexions sur l'avenir, la gouvernance de ce site, à l'aune de ses enjeux et d'un rapport récent de la Cour des comptes, a confirmé Marie Lavandier, avant de se prononcer très diplomatiquement pour le maintien de la gestion du Mont-Saint-Michel dans le giron du CMN. L'État a fait le choix de renouveler la convention qui lie nos deux établissements jusqu'au 30 juin prochain. Je n'ai pas fait d'annonce, je n'ai pas à en faire, puisque c'est à l'État de les faire. Je n'ai pas de moyens aujourd'hui de vous en dire plus sur une éventuelle décision. Par contre, je veux vous dire notre engagement, notre attachement à l'abbaye du Mont-Saint-Michel, vous l'aurez deviné. Nos agents y font au quotidien un travail remarquable et je les en remercie. Évidemment, le Centre des monuments nationaux n'est pas sourd. La période est compliquée pour tout le monde, y compris financièrement. Je ne suis pas sourde aux demandes de certains élus locaux. Vous le savez, j'ai passé plus de la moitié de ma carrière en collectivité locale. Je connais les enjeux locaux. Je connais aussi les très grandes qualités professionnelles qui sévissent au sein de nos collectivités locales. Et je suis évidemment, nous le sommes, à la disposition de toutes et tous pour l'évoquer. »

Et de conclure : « Voilà, en quelques mots, ce que je voulais dire en introduction de cette audition, Monsieur le Président. Péréquation, mutualisation, solidarité entre les sites, coopération avec les territoires et les habitants, c'est vraiment la force de notre établissement qui est pour moi un véritable trésor national à préserver. »

Le CMN, premier opérateur patrimonial en France, assure la gestion de quelque cent monuments, répartis sur l’ensemble du territoire, du Panthéon à la cathédrale Notre-Dame à Paris aux alignements de mégalithes de Carnac, en Bretagne, inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2025.

PatrimoineCentre des monuments nationaux Marie LavandierAbbaye du Mont-Saint-MichelLe Sénat
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