Françoise Marquet-Zao, ancienne conservatrice au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, a joué un rôle déterminant dans le rayonnement de l’œuvre de Zao Wou-Ki (1920-2013). Conscient du rôle essentiel de son épouse à ses côtés, le peintre lui a légué le droit moral sur l’ensemble de ses œuvres afin qu’elle en assure la protection après son décès. Elle vient de faire une importante donation de travaux du maître au musée des Beaux-Arts de Lyon, composée de 59 dessins, 2 carnets d’aquarelles et un carnet d’esquisses à la sanguine de la fin des années 1940. Cet ensemble est complété par une peinture de 1983. Ce legs, estimée à 4,1 millions d’euros, sera entériné par la signature de l’acte notarié par la donatrice et Grégory Doucet, maire de Lyon, ce vendredi 22 mai 2026.
Née en Chine, à Pékin, en février 1920, Zao Wou-Ki a travaillé en France de 1948 à 2010 et a acquis la nationalité française en 1964. Du fait de l’originalité de son œuvre, qui mélange tradition chinoise et modernité occidentale, il occupe une place singulière dans la production du siècle dernier. Installé à Paris en 1948, Zao Wou-Ki rompt avec l’académisme de sa formation chinoise pour engager une recherche artistique plus libre et personnelle. À l’Académie de la Grande Chaumière, il multiplie les dessins d’après modèle, portraits et nus au crayon, au fusain ou à la sanguine, dont témoignent la soixantaine de feuilles et le carnet d’esquisses réunis dans la donation. Tout en demeurant fidèle au pinceau et à l’encre de Chine, il affirme une écriture plastique qui dialogue étroitement avec celle d’Henri Matisse, auquel il vouait une profonde admiration.
Cet ensemble de dessins est également complété par une importante peinture datée du 3 février 1983, comme en témoigne son titre : 03.02.83. Elle a été réalisée au début des années 1980, au moment où Zao Wou-Ki renoue avec la pratique de l’encre de Chine. « À partir de ces années, je me suis laissé submerger par ma liberté, devenue mon seul guide […]. Les grandes surfaces me demandaient de me battre avec l’espace ; je devais impérativement remplir cette surface, la faire vivre et me donner à elle », expliquait l’artiste.
La donation sera présentée au musée des Beaux-Arts de Lyon à l’automne 2027 à l’occasion du nouvel accrochage des collections des XXe et XXIe siècles.




