La commissaire et chercheuse Diane Lima réunit deux artistes brésiliennes majeures, Rosana Paulino (née en 1967) et Adriana Varejão (née en 1967). Dans le pavillon édifié en 1964 et récemment rénové est présenté un ensemble de leurs œuvres, anciennes et récentes, qui évoquent le passé colonial du pays et ses blessures. Le titre de l’exposition, « Comigo ninguém pode », est polysémique : il signifie littéralement « Personne ne peut me chercher des noises » et désigne en portugais une plante tropicale toxique très répandue, le dieffenbachia. Celle-ci, traditionnellement placée devant les maisons, symbolise la protection et la résilience.
Le titre souligne ainsi le rapport singulier à la nature dans la culture brésilienne et la puissance de l’imaginaire qui y est rattaché, sans oublier les enjeux coloniaux des sciences naturelles européennes telles qu’elles se sont constituées au fil des siècles. Parmi les pièces de Rosana Paulino sélectionnées, certaines célèbrent la femme noire comme tisserande de la vie et de la mémoire, une iconographie récurrente dans son œuvre. Quant à Adriana Varejão, elle dissémine dans le bâtiment une série de peintures détournant des motifs de l’art occidental pour dévoiler le sang et la souffrance dissimulés sous ces images lisses.
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61e Exposition internationale d’art – La Biennale di Venezia, 9 mai-22 novembre 2026, Giardini, Venise, Italie.




