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Pavillon britannique à la Biennale de Venise
Critique

Avec « Predicting History : Testing Translation », Lubaina Himid peint les heurts de l’exil

Le pavillon britannique à la Biennale de Venise accueille l’artiste britanno-tanzanienne. Dans cette exposition, elle explore les récits de migration, les traces de l’histoire coloniale et les dissonances de l’appartenance.

Camille Viéville
7 mai 2026
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Lubaina Himid. Courtesy du British Council. Photo Adama Jalloh

Lubaina Himid. Courtesy du British Council. Photo Adama Jalloh

Notre sélection de pavillons nationaux à la Biennale de Venise 2026

Tandis que la 61e Biennale d’art ouvre ses portes à Venise le 9 mai 2026, voici notre choix parmi les propositions les plus marquantes inspirées par la thématique « Minor Keys » (Modes mineurs).

Avec l’exposition « Predicting History : Testing Translation » (Prédire l’histoire : tester la traduction), dont Ese Onojeruo assure le commissariat, Lubaina Himid (née en 1954) fait du pavillon de la Grande-Bretagne, à l’architecture néoclassique, un lieu, semble-t-il, hospitalier. Figure importante de la scène britannique et lauréate du prestigieux Turner Prize en 2017, l’artiste s’interroge sur la faculté des êtres à s’adapter à un nouveau lieu, moyen d’esquisser avec subtilité une réflexion sur la violence de l’exil. Une série de grands tableaux figuratifs aux tons vifs, composés de plusieurs panneaux, met en scène dans des décors féériques des personnages qui se rencontrent, dialoguent, vivent. Mais une bande sonore, conçue en collaboration avec l’artiste Magda Stawarska (née en 1976), génère, en même temps que certaines images, une tension qui, peu à peu, trouble les spectateurs pour mieux traduire les dissensions liées au sentiment d’appartenance.

Cette proposition poursuit la réflexion menée par Lubaina Himid, depuis les années 1980, sur l’histoire coloniale et ses non-dits : « Dans l’intimité, nous nous entourons de souvenirs, réels ou imaginaires, d’objets, de recettes et de musique, ce qui nous rassure sur notre appartenance au nouveau lieu et nous rappelle que, malgré tout, l’ancien ne peut jamais être complètement effacé, explique-t-elle. Ce nouveau lieu semble parfois accueillant, lumineux, aéré et plein de possibilités pour nous et nos familles, mais quelque chose cloche, quelque chose est gênant. Certaines choses restent en suspens, troublantes et inexprimées. »

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61e Exposition internationale d’art – La Biennale di Venezia, 9 mai-22 novembre 2026, Giardini, Venise, Italie.

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Camille Viéville