À l’occasion des Journées européennes des métiers d’art 2026 (du 7 au 12 avril), le musée du Louvre a dévoilé un chef-d’œuvre du XVIIIe siècle. Classée trésor national, cette commode de Bernard II Van Riesen Burgh est une pièce éminente datant du règne de Louis XV, avec ses belles et nombreuses plaques de porcelaine de Sèvres. Acquise grâce au soutien de la Société des Amis du Louvre, elle a rejoint le département des Objets d’art, au premier étage de l’aile Sully.
Ce meuble, commandé par le marchand-mercier Simon Philippe Poirier, a traversé nombre de péripéties avant de retrouver sa place dans le patrimoine français. Il fut originellement la propriété de Mademoiselle de Sens, puis du prince de Condé (son neveu), avant de quitter la France après la Révolution. Racheté par le baron Alphonse de Rothschild à la fin du XIXe siècle, il fut spolié en 1940 par les nazis, puis restitué à ses héritiers après la guerre.
Sa présence dans les salles du Louvre offre un témoignage supplémentaire du vaste savoir-faire de Bernard II Van Riesen Burgh, considéré comme le plus grand ébéniste du règne de Louis XV. La commode rejoint d’autres œuvres illustres du créateur au sein du musée, telles que son Secrétaire en pente (1737) et sa Table à écrire (1745-1750).
Cette pièce témoigne aussi de la créativité des artisans de Sèvres. À travers sa forme galbée, ses portes dites « en éclair » et ses 90 plaques de porcelaine, elle est un exemple unique du dialogue entre ébénisterie et art porcelainier. Les nombreux examens réalisés par le Centre de recherche et de restauration des musées de France afin de prouver son authenticité définitive ont permis de mettre au jour tous les secrets de sa fabrication. Les plaques, enchâssées dans un réseau de bronze doré, forment une « marqueterie de porcelaine » d’une complexité inédite.
Sur les réseaux sociaux, Olivier Gabet, directeur du département des Objets d’art du musée, s’est félicité du travail des équipes du Louvre autour de cette ambitieuse acquisition, « alors que plusieurs acheteurs avaient le désir d’acquérir [le meuble] et de lui faire quitter pour toujours la France. »




