Créer un prix de thèse portant spécifiquement sur les périodes moderne et contemporaine, partant du constat qu’il n’en existe pas en France. Telle est l’ambition de cette collaboration inédite entre le Centre Pompidou, ses Amis et le Comité français d’histoire de l’art (CFHA), qui abrite déjà plusieurs prix de thèse et d’aides à la publication, essentiellement pour la période XVe-XIXe siècle.
Destinée à soutenir l’histoire de l’art saisie dans ses développements les plus actuels, l’initiative vise ainsi à combler un manque. « Les prix de thèse existants, et les aides à la publication qui souvent les doublent, sont majoritairement très ciblés. L’ouverture de certains, si elle offre aux docteures et docteurs en histoire de l’art moderne et contemporain la possibilité de candidater et d’être primés, ne suffit pas néanmoins à reconnaître la richesse et l’ampleur des recherches sur ces périodes », pointe le Centre Pompidou.
Ce prix, qui « entend favoriser les approches méthodologiques originales et les croisements disciplinaires novateurs », considérera les thèses soutenues autant en région qu’à Paris, et récompensera un travail d’excellence dans le domaine des arts plastiques, de l’architecture, de la photographie, des images en mouvement, des archives, etc.
Le prix est doté d’un montant de 11 500 euros, grâce au soutien des Amis du Centre Pompidou et de la Bibliothèque Kandinsky. 9 000 euros seront consacrés à la publication en langue française de la thèse, en coédition (Éditions du Centre Pompidou/éditeur du choix de la lauréate ou du lauréat), 2 500 euros seront versés à la lauréate ou au lauréat à titre de récompense individuelle. La thèse sera publiée dans un délai de trois ans après la réception du prix.
Outre le soutien financier, la lauréate ou le lauréat bénéficiera d’une présentation de sa recherche au musée national d’Art moderne (MNAM), dans le cadre d’une conférence, d’un séminaire, d’un cycle d’événements, d’une exposition-dossier, etc. Objectif : renforcer le dialogue entre musée et université et ouvrir à de nouveaux projets.
Chaque année, un nom différent sera associé au prix, honorant une figure universitaire ou muséale, en lien avec les travaux primés. Le jury sera composé de conservatrices et conservateurs du MNAM, d’universitaires et d’un membre des Amis du Centre Pompidou. Pour sa première édition, le prix sera attribué en novembre 2026. L’appel à candidatures sera ouvert du 16 avril au 19 juin.
« Nos interlocuteurs du Comité français d’histoire de l’art ont pensé au Centre Pompidou pour mettre en place ce partenariat, précise Mica Gherghescu, responsable du Pôle recherche au musée national d’Art moderne – Bibliothèque Kandinsky. Nous sommes très repérés en termes de dynamique de recherche et le Centre a un profil interdisciplinaire, avec des collections du MNAM d’ampleur, ce qui permet de toucher à des domaines divers tout en gardant cet esprit pompidolien qui transgresse les frontières. Nous sommes intéressés par des projets qui ont une manière originale d’interroger l’histoire de l’art au musée et qui créent des passerelles entre la recherche académique et celle appliquée aux collections au sein du musée. On est ouvert à un panel très large, mais qui prend comme terrain de jeu le musée et sa collection. Pour cette première édition, nous ouvrons à des thèses soutenues entre 2023 et 2025. Nous sommes très emballés de mettre en place ce prix qui récompensera des travaux remarquables. C’est un soutien important pour de jeunes chercheurs en début de carrière, à l’issue de la thèse qui représente un très long travail. »




