Edvard Munch chez Ferri & Associés
En bonne place pendant l’exposition « Œuvres choisies » à Drouot qui présente les prochaines « Masterpieces » vendues aux enchères ces prochaines semaines, L’Angoisse, ou Angstgefühl, Le Soir, réalisé en 1896 par l’un des maîtres en lithographie, Edvard Munch (est. 250 000 à 300 000 euros), ne devrait pas manquer son rendez-vous avec les collectionneurs. Tirée sur vélin à cent exemplaires (en plus de quelques épreuves d’essai) par l’imprimeur Auguste Clot, lithographe attitré d’Ambroise Vollard, l’épreuve présentée porte le numéro 6 et est signée au crayon. Précurseur de l’expressionnisme en Europe, Munch s’est formé à la gravure quelques années plus tôt, vers 1890. Le procédé lui permet notamment d’initier une large diffusion de ses œuvres qui influencent toute une nouvelle génération d’artistes. Sur cette lithographie, on retrouve les obsessions d’Edvard Munch, le fjord autour de la ville d’Oslo, le ciel rouge sang et l’anxiété profonde renforcée par la foule aux regards vides qui semble errer sans but.
« Estampes et lithographies », vendredi 27 mars 2026, Ferri & Associés, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.ferri-drouot.com

Antoine Coypel, Apollon et Daphné, vers 1688-1689. Sanguine, pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier beige. Courtesy Millon.
Dessins anciens chez Millon
À l’occasion du Salon du dessin, qui se tient du 25 au 30 mars 2026 au Palais Brongniart à Paris, la maison Millon met à l’honneur le dessin ancien. La vacation propose une sélection de quelque 170 œuvres sur papier couvrant la période 1500-1900. Parmi les « highlights » figurent deux sanguines signées Antoine Coypel, nommé premier peintre du Roi en 1716, Apollon et Daphné (vers 1688-1689, est. 80 000 à 120 000 euros) et Apollon, au milieu des Muses, leur ordonne de célébrer la gloire de Louis le Grand (vers 1688, est 60 000 à 80 000 euros). Citons encore un Portrait d’Antoine Mongez, réalisé de mémoire par Jacques-Louis David (est. 10 000-15 000 euros), une aquarelle sur traits de crayon noir Les Eaux-Bonnes dans les Pyrénées peinte par Eugène Delacroix, ou une étude de Domenico Brusasorci représentant saint Pierre et daté du milieu du XVIIe siècle (est. 8 000-12 000 euros).
« Dessins anciens de 1500 à 1900 », jeudi 26 mars 2026, Millon, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.millon.com

André Cheret et Roger Lécureux, Rahan. Couverture de l’album Tout Rahan 9 édité par Soleil en 1993. Encre de chine et aquarelle. Courtesy Néo-Enchères
Le « fils des âges farouches » chez NEO Enchères
En 1977, toute une génération de jeunes lecteurs de la revue Pif gadget se sont effondrés de rage et de tristesse en découvrant les dernières cases de la série Rahan, le fils des âges farouches qui décrivaient la mort brutale et injuste du héros. Créé en 1969 par le dessinateur André Chéret et le scénariste Roger Lécureux, le personnage aux longs cheveux blonds et au coutelas en ivoire devait ressusciter quelque temps plus tard pour délivrer, jusqu’en 2010, ses puissantes valeurs morales révélées pendant ses dangereuses aventures au tréfonds de la préhistoire. Les 52 planches dispersées par NEO Enchères proviennent de la collection du fils du scénariste Roger Lécureux, Jean-François, qui a repris les commandes des aventures du héros à la mort de son père (194 épisodes au total et 80 millions d’albums vendus dans le monde). Les nostalgiques ou les collectionneurs devront débourser 300 euros au minimum pour acquérir une illustration originale d’André Chéret ou encore entre 4 000 et 6 000 euros pour la planche n°4 des Esprits de la nuit, récit publié par Pif Gadget en 1975.
« Collection Rahan, bandes dessinées », mardi 24 mars 2026, NEO Enchères, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.neo-encheres.com




