Art Dubai va adapter son édition 2026 en réponse au conflit en cours au Moyen-Orient, sur fond de guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
Selon un courriel adressé aux exposants par les organisateurs de la foire, et consulté par The Art Newspaper, la 20e édition du Salon, initialement prévue à la mi-avril, est reportée du 14 au 17 mai et se tiendra sur son site habituel, à Madinat Jumeirah.
L’événement sera « adapté » en un « rassemblement culturel ». Dans ce message, la directrice d’Art Dubai, Dunja Gottweis, indique que cette édition adoptera un « format plus resserré, curaté et flexible », réunissant galeries, artistes et institutions à travers un ensemble de présentations, de collaborations et de programmes publics. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué à ce stade.
Le modèle économique sera lui aussi ajusté. Selon ce courriel, les galeries participantes ne paieront pas des frais de stand classiques, mais verseront un pourcentage des ventes réalisées, plafonné au montant équivalent au prix traditionnel du stand. Les tarifs pour Art Dubai 2026 ont été fixés à 739 dollars par mètre carré (environ 680 euros, hors taxes), soit environ 15 000 dollars (13 800 euros) pour un petit stand et jusqu’à 60 000 dollars (55 200 euros) pour les plus grands.
Les galeristes qui ne souhaitent pas participer à l’édition 2026 devront néanmoins régler leur stand à l’avance, somme qui sera « reportée » sur l’édition 2027. Pour ceux qui envisagent de participer mais hésitent à se rendre dans la région, la foire propose de présenter les œuvres expédiées à Dubaï « avec le soutien de l’équipe d’Art Dubai ».
Le sort de la 20e édition d’Art Dubai est resté incertain depuis le déclenchement de la guerre dans la région à la fin du mois de février, alors que Dubaï et, plus largement, le Golfe continuent d’être la cible de frappes de missiles et de drones iraniens. Si la défense antiaérienne des Émirats arabes unis en a intercepté la majorité, seuls quelques vols commerciaux continuent d’assurer les liaisons avec le pays.
Dans son courriel, Art Dubai indique qu’après concertation avec les parties prenantes, la foire a reçu « de forts signes de soutien, en particulier de la part des collectionneurs locaux ». Dans une déclaration à The Art Newspaper, un porte-parole ajoute : « Nous sommes restés en dialogue étroit avec l’ensemble de nos interlocuteurs et il ressort clairement de ces échanges que le maintien de la plateforme que représente Art Dubai est essentiel pour l’écosystème culturel dans son ensemble. »
Les Émirats arabes unis s’emploient à maintenir une apparence de normalité, malgré trois semaines de bombardements ininterrompus. Les écoles ont avancé les vacances de l’Aïd, et de nombreux expatriés ont profité du calendrier et de la disponibilité de certains vols pour partir en congé ou regagner leur pays d’origine. D’autres sont restés, alternant télétravail et présence au bureau, tandis que les galeries ont rouvert. Le conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël se poursuit néanmoins, sans signe d’apaisement.
The Art Newspaper a cependant appris que des galeries et certains collectionneurs internationaux rencontrent des difficultés à obtenir des devis de transport, à confirmer leurs vols et, plus largement, à anticiper le niveau de fréquentation.




