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Une frappe de missile atteint le périmètre du site archéologique de Tyr, au Liban

Selon le ministère libanais de la Culture, une frappe aérienne israélienne a causé des « dommages matériels » à l’entrée du site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Hadani Ditmars
11 mars 2026
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Hippodrome de Tyr. Le site se trouve à proximité de l’endroit où la frappe du 6 mars 2026 est tombée. Photo Artaxerxes

Hippodrome de Tyr. Le site se trouve à proximité de l’endroit où la frappe du 6 mars 2026 est tombée. Photo Artaxerxes

Une frappe de missile qui a touché vendredi 6 mars 2026 la ville antique de Tyr, dans le sud-ouest du Liban, a endommagé le périmètre de l’un de ses sites archéologiques inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, selon le ministère libanais de la Culture. Au moins une personne a été tuée dans l’attaque, d’après les médias d’État et l’AFP.

La frappe a atteint le secteur des ruines antiques de Tyr, l’une des plus anciennes villes au monde habitées sans interruption, qui abrite d’importants vestiges archéologiques, principalement d’époque romaine.

Selon la page Facebook du ministère libanais de la Culture, l’entrée du site archéologique d’Al-Bass, à Tyr, a subi des « dommages matériels » à la suite de la frappe. Dans ce communiqué, le ministre de la Culture Ghassan Salamé a déclaré qu’« il n’y a aucune présence militaire ou sécuritaire dans ces sites, et un tel argument ne saurait être invoqué pour les bombarder ou leur porter atteinte ».

Le site archéologique d’Al-Bass, à Tyr, se situe à proximité du camp d’Al-Bass, l’un des douze camps de réfugiés palestiniens au Liban. Il comprend notamment une nécropole qui constituait, dans l’Antiquité, l’entrée principale de la ville et qui s’étend le long d’une large avenue romaine et byzantine dominée par un arc de triomphe du IIᵉ siècle. Le site abrite également un aqueduc et un hippodrome datant lui aussi du IIᵉ siècle.

Selon un expert de la section libanaise du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), la frappe aérienne est tombée à l’intérieur de la zone tampon du site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Il a indiqué à The Art Newspaper que, si la situation sécuritaire ne permet pas pour l’instant une évaluation complète, il est très probable que la zone située près de l’hippodrome ait subi des dommages, possiblement dus aux effets de souffle de la frappe.

Le bombardement du 6 mars est survenu au cinquième jour des combats entre Israël et le Hezbollah. Elle est également intervenue deux jours après que Ghassan Salamé a appelé le directeur général de l’Unesco, Khaled El-Enany, afin de demander une intervention pour protéger le patrimoine culturel libanais face aux frappes en cours dans son pays.

Selon la page Facebook du ministère libanais de la Culture, Ghassan Salamé a demandé à Khaled El-Enany « d’intervenir auprès des États voisins ou des parties belligérantes afin de leur rappeler la nécessité de prendre toutes les mesures préventives, dans le cadre de ce conflit armé avec le Liban, pour protéger et préserver le patrimoine culturel libanais et s’abstenir de le prendre pour cible, y compris le Musée national de Beyrouth ainsi que les sites archéologiques et historiques du Liban, en particulier ceux inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco ».

Selon ce même message, El-Enany lui a assuré qu’il « suivait cette situation d’urgence avec la plus grande vigilance » et que l’Unesco était « pleinement mobilisée afin d’apporter au Liban le soutien nécessaire dans les domaines relevant du mandat de l’organisation ».

Les sites patrimoniaux libanais sont considérés comme particulièrement menacés depuis la campagne de bombardements intensifs menée par Israël à la fin de l’année 2024. En novembre de cette année-là, l’Unesco a placé 34 sites culturels sous protection renforcée. Alors que les bombardements se poursuivent actuellement au Liban, les sites romains antiques de Baalbek, dans la vallée de la Bekaa, et de Tyr, dans le sud du pays, figurent parmi les plus exposés.

Le 23 octobre 2024, des frappes aériennes israéliennes ont dévasté de larges secteurs de la ville de Tyr, dont l’une est tombée à 50 mètres seulement des ruines antiques. Les bombardements ont fait au moins deux morts, provoqué des évacuations massives et endommagé 400 appartements. Ils ont également frappé à proximité d’un ensemble côtier de vestiges antiques d’époque phénicienne et croisée. En novembre de la même année, des frappes israéliennes ont détruit un bâtiment ottoman vieux de plusieurs siècles, situé à quelques mètres du site de Baalbek.

Dans un communiqué publié lundi, l’Unesco a évoqué la frappe sur Tyr dans le contexte d’autres sites du patrimoine mondial récemment endommagés au cours du conflit en cours, notamment le palais du Golestan à Téhéran et deux bâtiments de la Ville blanche de Tel-Aviv. « L’Unesco rappelle à toutes les parties leurs obligations au regard du droit international, indique le communiqué. En particulier la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, ainsi que la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. »

Par ailleurs, l’ambassade de Russie au Liban a affirmé qu’une frappe de missile israélienne avait touché lundi 9 mars la Maison russe de la culture, situé dans la ville libanaise de Nabatieh. Dans un communiqué publié par l’agence de presse d’État russe Tass, l’ambassade a déclaré : « Nous condamnons fermement cette attaque. Cet acte d’agression militaire contre une institution opérant exclusivement dans le domaine culturel et humanitaire ne peut être justifié. » L’ambassade a précisé qu’aucune victime n’était à déplorer.

Patrimoine culturelLibanTyrGhassan SalaméKhaled El-EnanyUNESCOPatrimoine mondial de l’UnescoConseil international des monuments et des sites (Icomos)
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