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Le palais du Golestan à Téhéran touché lors de frappes américano-israéliennes, selon l’Unesco

Le monument a subi des dégâts à la suite d’une frappe aérienne à proximité.

Sarvy Geranpayeh
3 mars 2026
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En raison des récentes manifestations contre le régime et de la menace d’attaques, les artefacts du palais du Golestan ont été transférés vers des lieux de stockage sécurisés et ses lustres enveloppés dans des matériaux de protection avant les frappes américano-israéliennes. Photo DR

En raison des récentes manifestations contre le régime et de la menace d’attaques, les artefacts du palais du Golestan ont été transférés vers des lieux de stockage sécurisés et ses lustres enveloppés dans des matériaux de protection avant les frappes américano-israéliennes. Photo DR

Le palais du Golestan, seul site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco situé à Téhéran, a été endommagé dimanche 1er mars 2026 alors que les États-Unis et Israël intensifiaient leur offensive militaire contre l’Iran.

Les frappes, déclenchées le 28 février, ont tué le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que de nombreux hauts responsables du pays. Téhéran a immédiatement riposté en visant des intérêts américains et israéliens, ainsi que des États du Golfe voisins. Le bilan humain, qui se chiffrerait à plusieurs centaines de morts, continue de s’alourdir, tandis que le conflit s’étend à l’échelle régionale. Washington comme Téhéran ont averti qu’ils se préparaient à un long affrontement.

L’Unesco s’est jointe à d’autres agences des Nations unies et à plusieurs hauts responsables internationaux – dont le secrétaire général António Guterres – pour condamner à la fois les frappes américano-israéliennes et les représailles iraniennes.

Situé au cœur du quartier historique de Téhéran, près d’Arg Square, le palais du Golestan, édifié il y a quatre siècles, aurait subi des dommages à la suite de l’explosion d’un missile tombé à proximité. Des images diffusées par les médias locaux montrent le complexe – qui abrite également un musée – jonché de débris, ses vitres soufflées et ses célèbres décors de miroirs et de verreries endommagés.

Les orsi historiques, ces fenêtres à claire-voie typiques de l’architecture persane, ainsi que plusieurs portes en bois auraient également été touchés. Ahmad Alavi, président de la commission du tourisme du conseil municipal de Téhéran, a déclaré à la presse locale que la déflagration avait été suffisamment puissante pour soulever des sections de bitume à l’intérieur même de l’enceinte du palais.

Les lustres les plus fragiles du monument ainsi que d’autres éléments décoratifs avaient été enveloppés dans des matériaux de protection, et ses artefacts transférés vers des lieux de stockage sécurisés avant les frappes. Il y a trois semaines, la Sedaye Miras News Agency rapportait que des œuvres conservées dans les musées de Téhéran – dont le Musée national d’Iran, et les complexes palatiaux de Sa’dabad et de Niavaran – avaient été évacuées vers des réserves sûres avant le 5 janvier, dans un contexte de troubles croissants à travers le pays et de crainte d’une frappe américaine. Des opérations similaires ont été menées à l’échelle nationale, notamment au musée de Persépolis, dans la province du Fars.

L’importance du palais du Golestan et de son environnement immédiat est telle que de hauts responsables culturels iraniens, parmi lesquels Reza Salehi Amiri, ministre du Patrimoine culturel, du Tourisme et de l’Artisanat, et son adjoint Ali Darabi, se sont rendus sur place lundi 2 mars pour constater les dégâts. Selon les médias locaux, Salehi Amiri a qualifié l’attaque de violation flagrante des règles internationales et des engagements en matière de protection du patrimoine culturel, et a indiqué qu’un rapport officiel serait transmis à l’Unesco afin d’engager le processus de restauration.

L’Unesco a publié le même jour un communiqué confirmant que le palais avait été endommagé par une frappe survenue dans sa zone tampon, à Arg Square, et faisant part de sa « préoccupation quant à la protection des sites du patrimoine culturel dans un contexte d’escalade de la violence au Moyen-Orient ». L’organisation précise qu’elle surveille étroitement les sites patrimoniaux dans la région et qu’elle a « communiqué à toutes les parties concernées les coordonnées géographiques des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial ainsi que celles des sites d’importance nationale, afin de prévenir tout dommage éventuel ».

Des informations font également état de dégradations touchant d’autres sites historiques à proximité, notamment le Grand Bazar de Téhéran et la mosquée d’Arg.

Les origines du palais du Golestan remontent à la dynastie safavide (1501-1736), mais le complexe fut largement transformé et agrandi sous les Qajars (1794-1925), qui y associèrent arts et architecture persans à des influences européennes, avant d’en faire leur résidence royale. L’ensemble comprend huit principaux édifices palatiaux et des jardins, entourés d’un mur d’enceinte percé de portes monumentales. La plupart de ses caractéristiques architecturales distinctives datent du XIXe siècle, période durant laquelle le site devint un centre majeur de création artistique et le cœur des arts et de l’architecture qajars.

L’Iran abrite plus de 800 musées et 29 sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, témoignant d’une histoire culturelle plurimillénaire et de collections d’une grande diversité. À ce jour, aucun autre dommage touchant des sites culturels du pays n’a été officiellement confirmé. Toutefois, la perturbation persistante des communications, conjuguée au fait que les données relatives aux zones densément peuplées – hôpitaux, quartiers résidentiels, établissements scolaires – sont généralement diffusées en priorité, limite et ralentit la remontée des informations concernant le patrimoine culturel en dehors de la capitale. Les biens culturels bénéficient d’une protection au titre du droit international, notamment en vertu de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ainsi que de la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

Patrimoine culturelIranPalais du Golestan UNESCOpatrimoine mondial de l’UnescoTéhéran
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