Les « Mille et Une Nuits » chez Millon
Les mots en forme d’hommage placés en préface du catalogue qui accompagne la dispersion de l’extraordinaire bibliothèque d’Abdelaziz Ghozzi, libraire spécialisé dans les livres anciens et épuisés consacrés à l’islam, illustrent tout le respect qu’elle suscite chez les collectionneurs et les érudits. Ils sont signés par un autre grand spécialiste de la littérature arabe, Aboubakr Chraïbi : « Vous avez réuni un véritable trésor autour des Mille et Une Nuits et vous connaissez, pour chacun de vos livres, le contenu, le statut, l’histoire, avec une remarquable érudition. » Parmi les chefs-d’œuvre, l’édition princeps des Mille & Une Nuits. Contes Arabes, traduits en français par Antoine Galland entre 1704 et 1717 (onze tomes numérotés de 1 à 10 et numéro 12, manque le tome 11, est. 80 000 à 150 000 euros), une édition spéciale éditée en 1986, comprenant 25 estampes du peintre et sculpteur irakien Dia Azzawi (est. 30 000-40 000 euros) ou la plus prestigieuse édition des 1001 Nuits par Joseph-Charles Mardrus, Le Livre des mille nuits et une nuit (Paris, Piazza, 1926-1932, est. 10 000 à 15 000 euros).
« Les Mille et Une Nuits, la bibliothèque idéale », mercredi 11 mars 2026, Millon, salle VV, 3, rue Rossini, 75009 Paris, www.millon.com

Masque figurant le portrait d’un seigneur, Culture Mochica, côte nord du Pérou, 100–300 apr. J.-C. Courtesy Millon
Art précolombien de la collection de M. D. chez Millon
Très respecté dans le monde des enchères depuis plus de 40 ans, Monsieur D., dont la collection dédiée aux arts précolombiens est dispersée mercredi 11 mars 2026, est constituée, selon l’expert de la vente, Serge Reynes, d’une « cinquantaine d’œuvres issues exclusivement de ventes importantes et dotées de provenances solides. Provenant d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, elles forment un ensemble cohérent où dialoguent orfèvrerie, masques, parures et sculptures, réunis par une même attention portée à la forme, à l’équilibre et à la présence des œuvres. »
La vente se présente sous forme de chapitres consacrés aux objets venus du Pérou, du Costa Rica, de l’Équateur ou du Mexique. Parmi les « highlights » figurent deux masques : l’un représentant un seigneur provenant de la civilisation Mochica (côte nord du Pérou entre le Ier et le VIIe siècles de notre ère, est. 120 000 à 180 000 euros) et issu des collections Julieta Guillot et Álvaro Guillot-Muñoz ; l’autre, ayant appartenu au collectionneur new-yorkais Allan Long, provient de la vallée de Mexico (Teotihuacan, période classique, 450-650 apr. J.-C.) et est estimé entre 50 000 et 80 000 euros.
« Pour tout l’or des Empires, collection de Monsieur D. », mercredi 11 mars 2026, Millon, Hôtel Drouot, 75009 Paris, www.millon.com

Gino Sarfatti, lampadaire - Modèle 1050/2, marbre noir, laiton et métal laqué, édition Arteluce. © Xavier Défaix. Courtesy Piasa
« Italian Design » chez Piasa
Le léger tassement des ventes thématiques consacrées au design scandinave et italien observé dans certaines maisons de ventes ne semble pas avoir affecté Piasa, qui propose toujours deux rendez-vous annuels à ses collectionneurs. La première session de l’année fait de nouveau la part belle au designer Gio Ponti, véritable star internationale du marché. Une cinquantaine de pièces sont ainsi présentées avec quelques « masterpieces » comme cette étagère murale lumineuse créée en 1955 (est. 40 000 à 60 000 euros) ou une paire de fauteuils en noyer et laiton (est. 30 000 à 40 000 euros), dessinés quinze ans auparavant. Très prisés eux aussi par les amateurs, les luminaires de son contemporain Gino Sarfatti, sont aussi en bonne place. On peut citer le lampadaire modèle 1050/2 (est. 20 000 à 30 000 euros) édité au début des années 1950 par Arteluce, la maison d’édition fondée par le designer en 1936 ; et enfin la suspension 2109/16 dessinée vers 1960 (est. 30 000 à 40 000 euros).
« Italian Design », mercredi 11 mars 2026, Piasa, 118 rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, www.piasa.fr



